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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 12:52
Les mythes celtes parlent, à qui veut bien les entendre, de façon contemporaine. Ils interrogent le sens des situations culturelles et sociales observables encore de nos jours, ils s'appuient sur des représentations avec lesquelles ils entrent en dialogue en même temps qu'ils nous racontent les origines des cultures et groupes sociaux. Le mythe du Graal, est un véritable carrefour sémantique, une matrice culturelle, qui permet de relier ses racines, celtes et indo-européennes et son inscription sociale et culturelle.
Pour la thèse celtique (Jean Marx, Jean Frappier), le conte du Graal utilise les récits des mythologies et littératures celtiques sur les trésors et talismans de l'autre monde: la lance est une arme divine et royale, lance de feu et rouge de sang, lance du dieu Lug, du dieu Oengus, du roi Arthur capable de tirer du sang du Vent, le chaudron de Dagda (voir supra).... Mais la théorie celte ne fait état que d'éléments épars. GeorgesDumézil a, quant à lui, repéré, chez les Scythes, des objets d'or : charrue, joug, hache, coupe, représentant les trois fonctions indo-européennes :
-         la coupe qui sert au culte, (fonction sacerdotale),
-         la hache, la flèche et la lance servent à la guerre, (fonction royale),
-         le joug et la charrue à l'agriculture (fonction nourricière).
 
Or, chez les Tuatha de Dannan, les fils de la déesse Anna, (Irlande), il y avait CINQ villes où les Tuatha de Dannan apprirent Science et Magie:
-         à Failias était la pierre de Fail qui crie quand un roi prend la souveraineté d'Irlande,
-         Tara la capitale suprême, était symbole de la terre d'Irlande et de fécondité,
-         à Goirias, était l'épée de Nuadu qui blesse à mort,
-         à Findias, la lance de Lug, qui rend invincible,
-         à Murias, le chaudron de Dagda, le grand dieu druide symbole d'abondance.
 
Il se trouve que les objets du cortège du Graal du roman médiéval sont:
-         la lance et l'épée, instruments et symboles de la fonction guerrière,
-         le Graal dont la fonction est magico-religieuse,
-         le tailloir d'argent à la fonction nourricière.
 
Le conte du Graal serait ainsi la métamorphose d'un très vieux récit, qui, 4000 ans auparavant, racontait comment un jeune héros prédestiné parvenait, au travers d'un certain nombre d'épreuves, à conquérir les talismans royaux, symboles des trois fonctions sociales dont le groupement et la conservation garantit la prospérité et restaure une royauté déchue, indigne et impuissante dans un pays frappé de stérilité.
Le mot Graal est employé pour la première fois en littérature française dans le Conte du Graal ou le Roman de Perceval de Chrestien de Troyes, paru vers 1170, et s'inspirant d'une source perdue. On y voit Perceval témoin, au château du riche roi pêcheur d'un cortège au milieu duquel se trouve le Graal aux vertus fécondantes mais que le silence du bachelier réduit à l'impuissance. Il connaîtra une grande fortune chez un auteur allemand de la fin du XIIème siècle, Wolfram von Eschenbach, dans son roman Parzival qui inspirera Wagner. Chez lui, le Graal est taillé d'une pierre précieuse, l'émeraude tombée du front de Lucifer, lors de la chute des Anges; elle sera emportée plus tard là où l'on situait le paradis terrestre. L'on se souvient que la pierre de la kaaba des musulmans est aussi une pierre taillée apportée du ciel par l'ange Gabriel.
On trouve encore cette référence au Graal au XIIIème siècledans la Vulgate du Lancelot en prose ou corpus Lancelot-Graal, oeuvre anonyme composée vers 1225-1228, premier roman en prose et en langue vulgaire de notre histoire deux des cinq volumes qui la constituent sont consacrés au Graal: le premier à l'Estoire del saint Graal et le quatrième à la Queste del saint Graal.
Chez Robert de Boron, premier auteur à avoir composé un cycle complet autour du Graal, lequel fait paraître en 1212, une trilogie, le Roman de l'Estoire dou Graal ou Joseph d'Arimathie en vers, Merlin, Perceval, nous sommes dans un dépassement, sous influence chrétienne des significations du Graal attachée au chaudron d'abondance des Celtes. Chez lui, le Graal est le vase dans lequel Jésus but pendant la Cène, qu'il utilisa pour dire la première messe et où Joseph d'Arimathie recueillit le sang de ses plaies après son supplice. Transporté en Occident, il repose dans l'île d'Avalon, lieu mystique identifiée, dans l'entourage des Plantagenêts, à l'abbaye cistercienne de Glastonbury. La lignée de Joseph d'Arimathie, celle des gardiens du Graal, dont Lancelot est un descendant, assure sa protection. Le propre fils de Lancelot, Galaad, achèvera la Quête et le cycle pourra alors se renouveler. La légende arthurienne accomplit le lien entre les traditions celtes et la spiritualité cistercienne.
Les spécialistes s'accordent en effet pour souligner d'importants liens entre les romans gallois (Kulwch et Owen, les Mabinogion) dont le héros est Perceval et le cycle courtois français et les progrès de la littérature et de la mythologie comparées nous permettent désormais de mieux y percevoir les influences latines, orientales, germaniques, nordiques et occidentales, notamment courtoises et chrétiennes, sans parler des traditions ésotériques ni du folklore.
 
On passe en quelques décennies d'un Graal-chaudron symbolisant les cultes de fécondité de l'Europe chrétienne, via le Graal féminin, vase d'élection, dans le jeu complémentaire du principe mâle et du féminin où le graal est assimilé à la dame, lieu de toutes les aspirations courtoises, à la coupe de souveraineté, (gradalis). Puis dans une mystique influencée par les croisades et leurs prédicateurs, le Graal (ou graduel) prend la figure de la sagesse, dont rend compte une Quête mystique sous double influence: cistercienne et trinitaire. La quête du Graal permettra le passage des chevaleries terrestres aux chevaleries célestes. Le Graal est ici maître du temps dont il tient ensemble les liens tissés comme son ancêtre d'osier.
Ainsi, en 1537, lorsqu'il publie Pantagruel, Rabelais fait référence au Graal en nommant son héros "Panta/Gruel", à cause dit-il "de la sécheresse qui sévissait, car "panta" en grec vault autant à dire comme tout et "gruel" en langue Hagaréne vault autant comme altéré voulant inférer que à l'heure de sa nativité le monde estoit tout altéré, et voyant en esprit de prophétie qu'il seroit quelque jour dominateur des altérez". On pointera ici la fonction fécondante et d'abondance du graal. L'oeuvre de Rabelais, entièrement pétrie de culture populaire, est d'ailleurs organisée comme une véritable quête du Graal par les compagnons de Pantagruel partis à la recherche de la "dive bouteille", fontaine d'abondance et de sagesse.
Si l’on s’en réfère Gilbert Durand, on comprend pourquoi de cette idée de contenant, lié à l’oralité, (grasal, grasale, gresel),présent dans les récits celtiques (le chaudron) on soit passé, dans les romans arthuriens du Moyen-Age, au Saint Graal, vase mystique. Il semble en effet qu’il y ait attirance entre les schèmes de l’intimité de la nutrition (celtes) et ceux de la mystique (chrétienne).
Une autre interprétation fait ressortir la parenté entre Graal et Calx, la pierre blanche, chaux, ou pierre brûlante, épurante, liée à la pureté, ou encore au calx, le talon.
René Guenon propose aussi Gradale: livre ou graduale (graduel). C'est le sens de la Parole perdue, de la parole originelle à retrouver, d'où la nécessité d'une Queste. Graduel, c'est aussi le Grand Livre de la Nature des Alchimistes, le Liber Mundi, révélation du Monde. Dans l'Apocalypse de Jean, il s'identifie à L'Arbre de Vie. On est ici proche du symbolisme de la Croix et l'on retrouve dans certaines régions les instruments du supplice du Christ associés au Graal et à la Lance de Longin comme les symboles du Graal et de la Lance sont associés à la première parole du Coran.
Partant de la signification que lui donne Wolfram von Eschenbach, (pierre d'émeraude tombée du front de Lucifer dans laquelle fut taillé le Graal), l'herméneutique rapproche les verbes latins caelere = orner et caedere = tomber, immoler. Caedes prend le sens de sang versé. En français en dérive césure (= taille de pierre). Les pierres taillées cultuelles renvoient ainsi au mythe du Grand Architecte et il faut se rappeler que les Tables de la Loi étaient des pierres taillées.
L'as de coupe du tarot représente ainsi une coupe-Graal s'élevant en château à sept tours. Il symbolise les sphères célestes. Le Graal est encore château voué à l’inaccessibilité. La problématique se pose donc dans un contexte lié au ciel et à ses projections terrestres, architecturales. D'où l'importance du burin, le ciseau du graveur. Le caelator est le ciseleur et aussi l'architecte.
La Pierre-Table-Livre est aussi La Table d'Emeraude des Alchimistes et les Hermétistes désignaient volontiers le Christ comme la véritable pierre philosophale et comme la véritable Pierre d’Angle.
En même temps, le contenant Graal est, d'une manière mystérieuse identifié à son contenu, à la figure de l'aqua permanens, le Mercure, véritable vase caché, jardin philosophique où notre soleil naît et se lève.
La référence indo-européenne renvoie l'origine du Graal à la racine KERT- soit tordre, tresser, car l'on peut penser que les premiers objets contenants étaient confectionnés en tresses (corbeilles). Curieusement, cette idée de claie, qui figure aussi dans la légende de la cathédrale d’osier de l’abbaye de Glastonbury, refuge supposé du Graal, est aussi celle du lien, de l'attache (cratis), et l'on voit bien en quoi le graal est le lien qui unit les chevaliers d'Arthur dans leur Quête. Elle a, en même temps, donné Hort, hourt (palissade) et behort (tournoi), en espagnol bohordo (petite lance), images qui sont loin d'échapper à l'univers arthurien. C'est sans doute pour cela que les fêtes allemandes du Moyen-Age étaient appelées des Graals.
La racine KER signifie Coeur, cette image est aussi proche de la symbolique développée dans les romans arthuriens. Le graal comme contenant du sang du Christ, ou Saint Graal signifierait aussi Sang Réel (Sangrail), l'évolution du mot est ici liée au développement à l'époque des croisades du culte du Précieux Sang, et mutatis mutandis, du Sacré Coeur etc.
Le mot connaît ensuite une fortune considérable, du plat à barbe du Don Quichotte de Cervantés à Jean d'Auton, lequel, dans son Lacurne, publié par les Annales de Louis XII, au XVIIème siècle, cite "celuy plat qu'on appelle le saint graal".
T.S. Eliott s'inspirera de la terre Gaste dans son roman The Waste Land. Le thème du Graal se retrouve également dans le Roi Pêcheur de Julien Gracq (1949), dans les romans de T.H. White "The Once and Future king" et "The Sword in the Stone", et chez Boris Vian "le Chevalier de neige" représenté par Jo Tréhard en 1945, à Caen et à Strasbourg dans une version "opér" sur un livret de Georges Delerue. Il faut encore mentionner l'ouvrage de l'académicien Pierre Benoît, Montsalvat, 1957, qui reprend la thématique de l'exode du graal présente chez Wolfram jointe à des références cathares. On retrouve ici le croisement littéraire cher aux écrivains médiévaux entre la femme inaccessible et la quête du saint vase.
Tout prés de nous, nous voyons ce thème refleurir dans la littérature contemporaine: Michel Rio, Merlin, Barjavel, L'Enchanteur (1984), Jean-Pierre Le Dantec, Graal-Romance (1985), Florence Trystram, La nuit du motard (1986), Lancelot (1987), Marion Zimmer Bradley, La Dame du Lac, Les Brumes d'Avalon, Le Secret d'Avalon proches du légendaire celtique, Gilles Nadin, Le retour d'Avalon (1993), tandis que de nos jours les aventures du Graal connaissent à nouveau un immense succès dont témoigne une production intense notamment sur le plan cinématographique, de Richard Thorpe (1953) à Jerry Zucker (1995) en passant par Georges Bresson, Eric Rhomer, Les Monthy Pythons, Walt Disney, John Boorman, Syberberg et Steven Spielberg.
La filiation entre ce mythe d'origine celte et l'ésotérisme contemporain est également patente dans un écrit de la loge de Saint Louis des Amis Réunis à Calais, laquelle indique que l'on donnait autrefois le grade de Chevalier de la Table Ronde du Roi Arthur dans un rituel primitif de cette loge. Plus surprenant, en 1785, lors du convent de Paris, le baron Gleichen déclarait, citant des sources Rose-Croix, que les maçons "seraient venus en Angleterre sous le roi Arthur", ce qui expliquerait que l'usage d'une Table Ronde est indispensable à certains travaux des hauts grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
La Quête du Graal procède d'une aspiration profonde, la réflexion sur la richesse et la complexité du thème, véritable melting pot culturel, nous incite à accueillir avec prudence les tentatives type New Age qui tendraient par projection identificatoire ou simplification abusive à en faire un argument de consommation spectaculaire. Il fournirait alors des justifications à nombre de dérives sectaires. Le récent rapport parlementaire sur les sectes nous a permis d'identifier plusieurs mouvements néo-religieux qui n'hésitent pas à convoquer ostensiblement le mythe du Graal au service d'idéologies simplistes ou régressives, reproduisant sous une forme euphémisée certes mais tout aussi perverse l'ambition récupératrice qui fut celle des nazis, fascinés par les motifs sanguinaires. La leçon de la Quête est d'abord celle d'une libération de l'âme.
La lecture du mythe nous invite à prendre en compte le Graal dans une constellation. Il apparaît en effet toujours, dans les sources celtes, dans une interdépendance avec d'autres objets sacrés: la pierre de souveraineté, la lance, l'épée, la table ronde qui vient harmoniser les contraires. Cette interaction constante, que révèle l'analyse textuelle et dont le Graal est à la fois le pivot et la source ne peut que nous inciter à une réactualisation sans cesse renouvelée de nos connaissances car. Une telle quête ne saurait en effet revêtir qu'une figure, celle de l’inachèvement car "si on n'a vu et connu toute chose, le Gwenved demeure inaccessible" (Le Barddas).
 
Bibliographie.
Bertin Georges, La Quête du Saint Graal et l'Imaginaire, Corlet, 1995.
Charvet L. Des vaus d'Avalon à la Queste du Graal, Paris, Librairie José Corti, 1967.
Chrétien de Troyes et le mythe du Graal, Paris, Sedes, 1972.
Dumézil Georges. Mythe et Epopée, Paris, Gallimard, 1986.
Durand Gilbert. Les structures anthropologiques de l'Imaginaire, Paris, Dunod, 1985, 10ème éd. et Beaux-Arts et Archétypes, Paris, PUF, 1989.
Evola J. Le mystère du Graal, Paris, Editions Traditionnelles, 1984.
Frappier Jean. Le roman Breton, les origines de la Légende Arthurienne, Paris, C.D.U.-Sorbonne, 1963.
Gallais P. Perceval et l'initiation, Paris, Sirac, 1972.
Hucher E. Le Saint Graal ou Joseph d'Arimathie. Robert de Boron. Le Mans, Monnoyer, 1878.3t.
Jung Emma et Von Franz Marie Louise, La Légende du Graal, Albin Michel, 1988.
Lavenu Philippe. L'Esotérisme du Graal, Corlet/Tredaniel, 1986.
Lot Ferdinand. Etude sur le Lancelot en prose, Paris Champion, 1918.
Markale Jean.- La femme celte, Paris, Payot, 1987
Marx Jean. La légende arthurienne et le Graal, Paris, P.U.F. 1952
Payen Jean-Charles, Littérature Française, le Moyen Age, Paris, Arthaud, 1979.
Rahn Otto, Kreuzag Gegen Gral, Fribourg en Brisau, 1943 traduit en français en 1944 sous le titre Croisade contre le Graal, grandeur et chute des Albigeois
Ribard Jacques. Le Conte du Graal, anthologie thématique, Paris, Hatier, 1976.
Sansonetti Georges. Graal et Alchimie, Paris, L'ile Verte Berg International, 1982.
 
Par bernadette - Publié dans : mon estampille
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Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 09:49

La Lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue… alors comment pouvons-nous trouver la Lumière et sortir de nos ténèbres ?
En premier lieu savoir que la Lumière est mis en relation avec l’obscurité pour symboliser les valeurs complémentaires d’une évolution. La signification en est que, de même qu’en la vie humaine à tous ses niveaux, une époque sombre est suivie d’une époque lumineuse, pure régénérée.
Cela présuppose qu’il nous faut avoir de l’Espérance. Relevons que dans le mot Espérance nous y entendons Errance et dans le mot Lumière Erre… la Lumière serait-elle donc le but de celui qui accepte son errance, de celui qui erre pour arriver à la Spiritualité.
Nous pouvons en déduire qu’il nous faut voyager, marcher et persévérer pour atteindre notre partie divine.
D’ailleurs la vie ne serait-elle pas un éternel voyage qui commence le jour de notre naissance jusqu’à la fin de notre vie terrestre ? Cette incitation au voyage ne serait-elle pas la quête de la mère perdue… si je n’ai pas compris que la mère Gaia est la terre d’où tout part et où tout revient, tel l’épi de blé qui symbolise le Don de la vie, le cycle perpétuel de la mort et de la renaissance.
Pour accomplir ce chemin nous devons avoir un axe solide. Les qualités à cultiver pour y arriver sont le calme, le sens de la mesure, la patience, la persévérance, le don d’observation et la méfiance à l’égard de nous-mêmes.
Mais pour passer des ténèbres à la Lumière, il est nécessaire de vivre l’étape, la pause qui permettra de prendre la notion du chemin parcouru afin qu’il se transforme en énergie. C’est aussi le moyen de se remettre face à soi-même pour prendre conscience de son vécu en tant que progression vers le nouveau.
Ce qui me fait dire que se perdre n’est jamais un échec mais une occasion de prendre du recul, d’aller là où personne ne nous attend pour découvrir un espace agrandi en nous.
Tout homme sait qu’il existe un bon chemin qui le conduira au centre, vers sa Lumière. Il importe donc de le trouver, de le suivre même s’il est long et difficile.
Car marcher, avancer, c’est progresser et nécessairement transgresser. Les deux mots sont associés puisque pour explorer un espace, il faut bien évidemment en explorer les limites, le traverser, passer à travers au sens du préfixe « trans ».
Pour cela il est nous faut apprendre à voir avec l’œil du cœur car il voit le monde extérieur à travers le mental et les sens et, à l’intérieur, il voit la réalité divine qui nous habite.
Ce qui me fait dire que notre comportement extérieur est le miroir de notre vécu intérieur ; et si nous ne nous transformons pas intérieurement, nous vivons dans la perpétuelle répétition des mêmes mécanismes, des mêmes illusions, des mêmes erreurs.
Et pourtant bien des voyageurs ayant traversé les différentes étapes de la réalisation intérieure trébuchent au dernier moment sur le caillou du pouvoir spirituel bien plus puissant que le pouvoir matériel puisqu’il agit au niveau de l’âme.
Socrate disait : « Si les hommes découvraient leur Lumière, ils perdraient toute raison d’être mauvais ». Alors, sur la scène l’existence, ne pourrions-nous pas dire que, face à la création, et à travers elle seulement nous pouvons être touchés dans le sens de l’émoi ? Pour cela notre cœur ne doit pas être endurci ni pétrifié afin que notre jugement moral puisse laisser place à l’humanité et à l’Amour.
Par conséquent, sentir que le chemin n’est ni dans le rêve d’un ailleurs, ni dans le rêve d’un futur différent mais dans le face à face avec la réalité de l’instant.
Ainsi notre vie est un itinéraire jalonné par le temps et qui se situe dans un espace donné. Tout chemin, qu’il s’opère dans le temps ou dans l’espace, qu’il nous ramène au point le plus profond de nous-mêmes ou qu’il joue les dépaysements les plus éclatants est une Initiation.
Car la Sagesse éclaire notre conscience. La Force habite notre âme et la Beauté rayonne dans notre esprit. On n’explique pas la Sagesse mais on la ressent. On n’évalue pas la Force de l’âme mais on subit son attraction. On ne définit pas la Beauté mais on en éprouve intuitivement le charme et l’harmonie.
En conclusion, il ne suffit pas seulement de chercher à comprendre mais il faut VIVRE. En effet, à quoi cela servirait-il de nous émerveiller devant l’harmonie de l’univers si nous ne nous harmonisons pas pour devenir un Être porteur d’Amour.
En cette période de Lumière renaissante, ouvrons nos cœurs et écoutons notre musique intérieure, nous serons surpris de découvrir que cette Lumière d’Amour brille de tous ses feux et qu’elle est présente dans chacun des actes de notre Vie.
 
Par bernadette - Publié dans : mon estampille
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Samedi 23 juin 2007 6 23 /06 /Juin /2007 10:18
En pianotant sur la toile du Net, cet article m'a touché. Aujourd'hui nous sommes tous concernés de près ou de loin.
par Christian Lamontagne
Jadis, les mineurs descendaient des canaris dans les mines de charbon. La défaillance des oiseaux leur signalait la présence de gaz mortels. Aujourd'hui, le tiers de la population occidentale est menacé de cancer, le cinquième en mourra : que se passe-t-il dans les souterrains de notre civilisation?
Imaginez que l'on vous apprenne bientôt que vous êtes atteint du cancer. L'hypothèse n'est pas très hypothétique car, selon les dernières statistiques de l'Institut national du cancer du Canada, vous avez actuellement un peu plus d'une chance sur trois d'en être atteint au cours de votre vie et une sur cinq d'en mourir. Recevoir ce diagnostic, c'est à coup sûr se retrouver soudainement devant une sorte d'épreuve initiatique qui transformera à tout jamais le héros - vous -, peu importe son dénouement.
Chacun a le choix de vivre cette maladie comme un rite de passage ou comme un événement sans signification particulière, mais il me semble que l'hécatombe sociale - existe-t-il un autre terme pour qualifier l'ampleur du massacre? - provoquée par le cancer devrait entraîner un questionnement sur les aspects collectifs et culturels du problème. On a tellement perdu de vue que la mort peut être naturelle, arriver par simple épuisement de l'énergie vitale, qu'on considère maintenant normal de mourir d'un fonctionnement aberrant de notre métabolisme. Et c'est ce qui nous empêche de réfléchir aux aspects collectifs du cancer. Si on regardait cette maladie comme un phénomène collectif, on pourrait peut-être le vivre comme une épreuve initiatique collective.
Évidemment, le cancer est de prime abord un problème individuel car nous montons au combat un par un, mais sa dimension proprement collective est de plus en plus évidente. Par exemple, le nombre de cancers de la peau (mélanomes) a augmenté annuellement de cinq pour cent chez les hommes entre 1981 et 1987. Spontanément, nous pensons que cela peut être causé par la diminution de la couche d'ozone qui filtre moins les rayons ultra-violets et c'est bien ce que confirment les centres de recherche. La couche d'ozone est évidemment un problème collectif et toutes les thérapies anti-cancer ne changeront rien à sa cause, c'est-à-dire notre inconscience (et notre inconsistance) collective des effets de nos comportements sur l'environnement.
«Existe-t-il un aspect de l'expression humaine qui puisse être supprimé, ou un autre aspect que nous puissions sur cultiver, sans qu'une onde de déséquilibre parcoure le tout et cherche progressivement à établir un équilibre évolutif?» (Richard Moss, Unifier)
Comme des canaris dans la mine
Jadis, les mineurs de charbon amenaient des canaris avec eux dans les profondeurs de la mine. Lorsque les oiseaux s'évanouissaient, cela signalait la présence de gaz mortels. Parce que la médecine s'occupe de guérir des malades plutôt que de découvrir le sens et la cause des maladies, nous avons coutume de ne considérer que les malades pris individuellement, mais nous pourrions aussi voir les gens atteints de cancer comme des canaris dans la mine - le signe que quelque chose ne va pas dans le milieu ambiant. C'est très bien de les sortir de là au plus vite, mais nous rendons-nous compte de ce que leur maladie signifie?
Comment, par exemple, pouvons-nous expliquer que les taux d'incidence du cancer soient continuellement à la hausse? En un peu plus de 20 ans (de 1970 à 1992), ils ont augmenté d'environ 30 pour cent pour les hommes, de 13 pour cent pour les femmes et de plus de 20 pour cent pour les enfants de 0 à 14 ans. Comment pouvons-nous considérer uniquement comme un problème individuel le fait qu'une femme sur neuf «attrape» un cancer du sein au cours de sa vie? Est-ce qu'il n'est pas légitime de s'interroger sur ce qui s'est détraqué collectivement pour générer de telles situations?
Dans un sens, la lutte contre le cancer, tel qu’elle est menée actuellement par la médecine et la recherche, orthodoxe ou alternatif, semble empêcher de s'attaquer aux causes réelles de la maladie puisque de plus en plus de gens en sont atteints.
La part des choses
Avant que la médecine succombe aux charmes du matérialisme, la maladie n'était jamais vraiment coupée de son contexte social: les esprits, le châtiment divin, le clan avaient un rôle tant dans la maladie que dans la guérison. Lorsque la médecine scientifique a vu le jour, elle a soudainement découvert des agents pathogènes (microbes, virus, bactéries) puis des défauts dans notre structure même (gènes, chromosomes). Soudainement, nous n'étions plus responsables de notre état. Nos maladies provenaient de l'extérieur de nous-mêmes ou étaient indépendantes de notre volonté.
En réaction contre ce matérialisme, une certaine pensée nouvel-âge a mis l'accent sur nos responsabilités individuelles face à la maladie: si nous souffrons de telle ou telle malaise, c'est parce que nous ne voulons pas voir, pas sentir et pas dire ce qui nous déplaît, ce qui nous blesse, ce qui nous casse les pieds. Nous sommes responsables de ce qui nous arrive et, si nous avons un cancer, nous n'avons qu'à nous en prendre à nous-mêmes. Ce point de vue néglige évidemment les autres facteurs de la maladie (hérédité, environnement, âge, accidents, etc.), même s'il contient aussi une part de vérité. De multiples observations montrent que le cancer apparaît de un à cinq ans après une crise émotive importante et les oncologues hésitent de moins en moins à parler de facteurs psychologiques prédisposant au cancer. Mais cela suffit-il à expliquer pourquoi de plus en plus de gens en sont atteints? Serions-nous de plus en plus malheureux? Perdrions-nous de plus en plus le goût de vivre? Où sommes-nous en face d'un phénomène qui dépasse notre réalité individuelle?
Le cancer comme métaphore
Quand le cancer frappe des personnes connues, un premier ministre ou une vedette sportive, ce n'est pas seulement une personne qui est atteinte, mais un symbole social. Peut-être, alors, réfléchissons-nous un peu plus à une expression comme «cancer, maladie de civilisation».
Cette réflexion est d'autant plus propice qu'il est facile de faire des analogies entre le cancer de nos corps et les maladies qui affectent le corps social. D'une certaine manière, cela est même présent dans notre inconscient: lors d'une enquête menée auprès de plus de 200 personnes atteintes de cancer, l'anthropologue Francine Saillant a découvert que les malades plaçaient les événements de leur vie au cœur de leur maladie: leur stress, leur misère, leur malheur, la pollution, leurs mauvaises habitudes de vie. Ils voyaient leur cancer comme le résultat d'une situation considérée globalement. On peut aussi faire des analogies précises entre le cancer et la société.
Selon la définition de l'American Cancer Society, le cancer «est un vaste groupe de maladies caractérisées par la croissance et l'extension incontrôlée de cellules anormales». D'un côté, le processus naturel de croissance des cellules se dérègle, de l'autre, le corps ne parvient plus à éliminer les cellules défectueuses parce qu'il n'est plus capable de les distinguer des cellules saines.
En changeant quelques mots, cette description pourrait facilement s'appliquer à notre civilisation. Comment, en effet, ne pas être frappé par le fait que nous sommes la première société à avoir fait de sa croissance son but et son mode d'existence. Plus symbolique encore, comme dans un cancer, il n'y a pas de sens ni de direction à cette croissance. Nos sociétés ne distinguent aucunement croissance économique saine et non saine: dans les comptes publics, la croissance de l'industrie pharmaceutique ou de l'armement a la même valeur que la croissance de l'industrie de l'environnement ou du tourisme, l'argent que vous dépensez pour une soirée au concert ou pour des cigarettes apparaîtra dans la même colonne.
C'est en faisant ce type de rapprochement qu'une femme qui a laissé un sein sur la table d'opération, Deena Metzger, déclare: «Que nous le voulions ou non, les frontières que nous essayons si fort de maintenir deviennent perméables et les différences disparaissent. Les individus semblent souffrir des problèmes affectant les États, et les États développent l'équivalent de nos maladies physiques. Nous incorporons dans notre chair les maladies de la planète et la planète souffre des nôtres. [...] Il y a des liens inextricables entre nos maladies humaines et celles de la planète. Guérir un individu est insuffisant parce qu'il y a une relation trop étroite avec l'environnement.»
A un niveau très physique, les maladies semblent le miroir de nos conditions physiques, sociales, politiques et écologiques. Elles sont des microcosmes, dans notre chair, de ce qui se produit à grande échelle dans la société, sur la planète. On sait, par exemple, que la pollution de l'air ambiant se traduit par une augmentation spectaculaire des maladies respiratoires. Se pourrait-il qu'à un niveau plus subtil le cancer, qui est une maladie dont on ne trouve pas de cause extérieure, représente l'incapacité de nos corps de «s'adapter proportionnellement à l'escalade des crises émotives, morales, politiques, spirituelles et écologiques», comme le demande Deena Metzger? Se pourrait-il que le cancer, sous son aspect de phénomène de masse, représente un conflit entre notre essence profonde et des valeurs à l'encontre de cette essence? C'est, d'une certaine manière, ce que pense le Dr Richard Moss.
Entre Soi et soi
Pour la plupart d'entre nous, comme pour la science et la médecine matérialistes, la réalité s'arrête à ce qui se manifeste par la matière. Pour ceux-là, ce que raconte le Dr Richard Moss n'a aucun sens. Richard Moss est un médecin très ouvert aux pratiques de santé alternatives et holistiques, qui a connu un éveil spirituel qu'il décrit très bien dans deux livres. C'est ainsi qu'il a pu développer la capacité de percevoir certaines dimensions et relations énergétiques des gens. C’est beaucoup moins mystérieux qu'il n'y paraît à première vue: chacun de nous peut parfois sentir le type d'énergie qui se dégage d'une personne. Moss a simplement une sensibilité particulière pour capter cette énergie.
Pour Richard Moss, le cancer est assurément une maladie qui existe dans une dimension «où le Soi physique et les énergies supérieures de la conscience sont dans une relation subtile d'échange». C'est comme si toute notre culture, notre mode de vie étaient en contradiction avec notre Soi profond, ce que Moss appelle les «énergies supérieures de la conscience», et que ce conflit créait les conditions favorables à une épidémie de cancers.
Moss ne nie pas du tout qu'il y a un niveau individuel de la maladie et des causes individuelles, mais ces dernières ne peuvent pas tout expliquer. Il faut savoir, par exemple, que les gens considérés comme schizophrènes ont quatre fois moins de cancers que la population en général! Comme si le fait de ne plus distinguer les niveaux de réalité personnels et les niveaux plus universels immunisait contre cette maladie. Au vu de cette statistique, on pourrait faire l'hypothèse que seul un quart des cancers est causé par des agents cancérigènes et que les trois quarts ont pour origine un conflit interne. Même si la formulation précise de cette hypothèse exige sans doute des nuances importantes, elle ne serait pas du tout en contradiction avec les observations cliniques.
Richard Moss fait un rapprochement avec les deux aspects de la matière mis en lumière par la physique quantique, c'est-à-dire tantôt une onde, tantôt une particule. Selon Moss, en plus de notre existence individuelle, «particulaire», correspondant à notre état de conscience habituel, «nous existons également et simultanément sous forme de continuum en constante interpénétration; ce continuum est non personnel, non physique [...]. Ceci a de profondes implications pour ce qui concerne la santé et la maladie. La maladie d'un individu peut ne pas être la sienne propre mais être plutôt la manifestation d'un processus à l'intérieur de l'entité humanité.» Pour Moss, «les façons de croire et de vivre de grandes portions de l'humanité forment des constellations de forces, des champs de conscience qui s'interpénètrent et qui sont capables d'engendrer - ou du moins de potentialiser- leur semblable au niveau des tissus, dans l'individu.»
Le cancer comme maladie de l'âme
A un niveau individuel, le cancer représente bien souvent un conflit intérieur qui ne trouve pas d'autre manière de se manifester. Lorsque le Dr Bernie Siegel, le célèbre auteur de L'amour, la médecine et les miracles, demande: «Quelle est la signification de votre cancer pour vous?», il ne fait pas autre chose que chercher le conflit intérieur. Ce conflit peut certainement aller au-delà des relations personnelles: la perte de raisons de vivre et le manque d'estime de soi, deux facteurs de risque associés au cancer, ne sont pas a priori liés aux relations intimes.
Le cancer dont j'ai personnellement souffert à l'âge de 13 ans n'était probablement pas autre chose. D'une certaine manière, j'ai été le canari dans la mine familiale. Si nous considérons les millions d'entre nous qui seront atteints d'un cancer comme autant de canaris, pouvons-nous voir autre chose qu'un chiffre, une statistique, une campagne de souscription perpétuelle?
Nous oublions la plupart du temps que toute science n'est qu'une métaphore, un modèle de la réalité. De la même manière, nos descriptions de la maladie ne sont jamais la maladie elle-même, mais simplement notre manière de la comprendre qui change à chaque époque.
Ceci n'est pas seulement un problème philosophique: alors que la physique moderne démontre que la réalité est continue, la biologie persiste à voir le corps uniquement comme un saucisson à découper. Nous savons pourtant que ce corps ressemble à une poupée russe contenant d'autres poupées: des organes, des tissus, des cellules, des protéines, des acides aminés, des molécules, des atomes, des particules élémentaires. Et ce corps/poupée russe est à l'intérieur de poupées russes de plus en plus grosses: une maison, une famille, une entreprise, une ville, une région, une société, un pays, une planète, un système solaire, une galaxie. Y a-t-il un niveau plus «réel» qu'un autre? Non, mais il y a des niveaux plus englobant qui régulent ceux qu'ils englobent. Si vous en doutez, cessez de respirer: vous vous rendez compte que vous êtes dépendant de l'air dans lequel vous êtes complètement immergé.
Le cancer comme rite de passage de l'humanité
S'il est vrai que, comme individus, nous ne sommes pas vraiment séparables de l'entité humanité, comment pourrions-nous découvrir le sens de nos maladies en faisant comme si seuls les individus étaient réels? Les Orientaux ont depuis longtemps stigmatisé cette attitude en racontant la fable de la personne qui a perdu un objet précieux dans sa maison mais qui le cherche à l'extérieur parce que c'est seulement là que la lune éclaire...
Les explications scientifiques actuelles, «là où la lune éclaire», ne visent pas vraiment à comprendre la maladie et sa signification, mais à traiter médicalement le mal. Pour la médecine, peu importe si votre cancer a été causé par un conflit non résolu, une vie de frustrations, la pollution ambiante: elle agira là où elle peut agir. Cela est dans l'ordre des choses et il en sera toujours ainsi.
En même temps, «nous ne pouvons multiplier les solutions à la maladie individuelle alors que nous continuons à baigner dans une conscience collective qui crée le stress cancérigène», écrit Moss. Les faits semblent lui donner raison: nous enregistrons des victoires individuelles avec des taux de survie améliorés, mais nous nous dirigeons vers une défaite collective avec des taux d'incidence à la hausse. Tout se passe comme si notre société, notre culture, notre technologie avaient mis en oeuvre des forces qui ne peuvent être contenues dans le cadre de nos idées actuelles sur la nature humaine. Dans un sens, le cancer représente l'énergie de notre nature collective qui essaie de trouver un nouvel équilibre en marquant nos corps. Pour vaincre le cancer, il faudrait sans doute que nous laissions la maladie transformer notre conscience collective.
Dans quel sens? Si le cancer représente d'une certaine manière un conflit interne, peut-être alors devrions-nous suivre nos aspirations les plus profondes? Celles-ci varient certainement d'une personne à l'autre, mais l'une des plus communes est le besoin émotif d'un lien avec la nature, besoin qui est probablement inscrit profondément dans nos gènes. Comment interpréter autrement l'aspiration de la majorité des Québécois d'aller finir leurs jours à la campagne? En fait, à un niveau plus profond, cette aspiration est probablement celle de se sentir lié à ce Tout dont nous faisons partie.
«Pour celui qui laisse le processus le transformer, le cancer, symbole mortifère de nos temps modernes, est devenu la plus grande des bénédictions, la grâce qui transforme la vie», écrit Richard Moss. Si, comme le pense Moss, nos maladies individuelles peuvent ne pas être seulement les nôtres, alors on peut voir le cancer comme un fameux rite de passage, une initiation que nous devrons passer ensemble. Il est certain qu'au terme de cette initiation collective nous serons transformés à tout jamais.
 
 
Par bernadette - Publié dans : mon estampille
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Dimanche 13 mai 2007 7 13 /05 /Mai /2007 13:11

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Par bernadette - Publié dans : mon estampille
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 09:27
Longtemps confondue avec l'occultisme, la magie et même la sorcellerie, l'alchimie est bien plus qu'un « art de fabriquer de l'or » ou le simple précurseur historique de la chimie. Elle revêt une importante dimension psychologique et spirituelle. À travers symboles et allégories, elle établit des relations entre la vie des métaux et l'âme. La purification des matières premières, qui permet d'obtenir la pierre de la sagesse (ou pierre philosophale), clé de la transmutation des métaux non précieux en or et en argent, correspond à la purification de l'être, opération indispensable à la suprême connaissance. Conçue comme une doctrine de salut, l'alchimie passe aussi bien par la manipulation des éléments que par la méditation, d'où la présence généralement, à côté du laboratoire de l'alchimiste, d'un oratoire pour la prière et l'ascèse.
Cette mystique expérimentale n'est cependant accessible qu'aux initiés. Tout écrit alchimique regorge de fables, d'énigmes, de chiffres et de lettres, de signes, qui visent à égarer le profane. La transmutation et la pierre philosophale sont, par exemple, symbolisées par un arbre portant des soleils à ses branches, un lion ou un enfant couronné, en habit royal de couleur rouge. Seul l'alchimiste « initié » est capable de déchiffrer les symboles car il part de principes traditionnels, jalousement gardés et transmis de maître à disciple. C'est ce qui le distingue du « souffleur », qui s'efforce de retrouver ces secrets empiriquement, en combinant les recettes. Les « faux » alchimistes associent bien souvent magie et sorcellerie, quand ils ne sont pas de véritables charlatans et mythomanes, à l'image du célèbre César qui vivait à Paris sous Henri IV.
 
Une mystique expérimentale
L'archétype de l'alchimiste traditionnel est incarné par Nicolas Flamel (1330-1417). Cet écrivain public parisien (vraisemblablement un usurier florissant) a été popularisé par le Livre des figures hiéroglyphiques de Nicolas Flamel, escrivain, censé être son autobiographie bien qu'il n'ait été publié (et sûrement écrit) qu'en 1682. L'histoire dit donc que le modeste Nicolas serait devenu soudainement très riche après avoir trouvé un grimoire qui cachait le secret de la pierre philosophale. Pendant vingt et un ans, il va s'efforcer d'en déchiffrer les hiéroglyphes. Toujours d'après la légende, il aurait appris la kabbale juive auprès d'un médecin espagnol lors d'un pèlerinage à Compostelle en 1379, et c'est à son retour qu'il aurait réussi à réaliser le « Grand Œuvre », la fameuse transmutation, devenant ainsi un « adepte » immortel.
 
 
Secret, initiation, piété, immortalité : ces constantes se retrouvent dans les existences et les activités de nombreux alchimistes occidentaux, comme le médecin Arnauld de Villeneuve (XIIIe s.), le philosophe aristotélicien Albert le Grand (XIIIe s.), le mystique et philosophe catalan Raymond Lulle (XIIe s.), l'Allemand Basile Valentin (XVe s.), le comte de Saint-Germain (XVIIIe s.) ou encore l'anonyme Fulcanelli (XXe s.)…
 
Des origines obscures
L'origine de l'alchimie n'est pas connue. On la dit très ancienne, mystérieuse, souvent divine. Elle coïnciderait avec la dispersion des castes de « forgerons sacrés » des peuplades préhelléniques, en particulier des Cabires (habitants de l'île méditerranéenne de Samothrace). Ces « fils du feu » ont eu une influence dominante sur les rites métallurgiques dont découlent les premières notions de l'alchimie ancienne. Ils ont très certainement transmis leur savoir à la péninsule grecque et à l'Égypte. La plupart des « adeptes » se réfèrent toutefois à l'origine égyptienne de l'alchimie, pratiquée comme « un art sacré » dans les temples pharaoniques. Cette tradition sacerdotale repose sur Toth, maître des sciences et des arts, que les Grecs assimilent à Hermès Trismégiste.
 
Versions chinoise et arabe
L'alchimie se développe ensuite particulièrement à Alexandrie, ville « ouverte » et nourrie des influences orientales et hellénistiques. À l'influence des spéculations philosophiques de la Grèce antique se mêle celle de l'alchimie chinoise, fondée par Tsou Yen au IVe siècle et dont l'objectif premier est la recherche de l'immortalité. Essentiellement taoïste, elle repose sur la conjonction des opposées (yin et yang, le Soleil et la Lune, le mercure et le plomb…) qui permet de découvrir la source ultime de toutes choses. Les Arabes ont également eu une influence importante, à partir du VIIe siècle. L'alchimie doit ainsi beaucoup de ses conceptions théoriques et techniques aux médecins Geber (VIIIe s.) et Rhazès (IXe s.), ainsi qu'aux philosophes Avicenne (Xe s.) ou Averroès (XIIe s.), qui découvrirent de nombreuses substances et inventèrent de nouveaux procédés chimiques.
 

 
L'âge d'or de l'alchimie se situe toutefois au Moyen Âge. Au XVe siècle, elle est pratiquée dans presque toute l'Europe. L'empereur Rodolphe II, monté sur le trône d'Allemagne en 1576, fait de son palais de Prague le rendez-vous des adeptes européens. La doctrine alchimique de l'époque, proche d'une « science de la nature » n'est pas considérée alors comme incompatible avec la pensée chrétienne. Ce n'est qu'au XVIe siècle que l'on trouve des alchimistes chrétiens affranchis de toute soumission à l'égard de l'Église. C'est le cas du médecin Paracelse (XVe s.), et de son contemporain Agrippa. Comme l'astrologie, l'alchimie est cependant victime de la montée en puissance de l'esprit scientifique. Et pour un Isaac Newton (1642-1727) qui y trouve en partie le fondement et l'illustration de sa théorie de la gravitation, l'essentiel des savants la rejettent à partir du XVIIe siècle. Un siècle plus tard, elle fleurit surtout dans les hauts grades maçonniques, et ne survit aujourd'hui que grâce à quelques rares initiés…
 
 
Par bernadette - Publié dans : ésotérisme
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