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Samedi 17 mars 2007 6 17 /03 /Mars /2007 15:28
 
Selon Platon, les éléments sont les choses qui composent et décomposent les corps complexes ; autrement dit les éléments seraient des substances simples, primordiales, qui constitueraient - selon les anciennes traditions de toutes les civilisations ésotériques - aussi bien le cosmos que l'homme lui-même.
 
Cette définition sommaire des éléments une fois donnée, je vais expliquer pourquoi l'on parle de quatre éléments. Ce nombre, de même que le sept, revêt une grande importance dans tous les enseignements qui ont tenté d'expliquer le monde et les êtres vivants. Quatre n'est pas un nombre choisi au hasard ; le nombre quatre est étroitement lié au cosmos.
 
Traditionnellement, dans différentes langues et à travers des expressions diverses, on a toujours admis quatre éléments fondamentaux constitutifs de l'univers, du macrocosme et (de l'homme par conséquent) du microcosme.
 
Ces quatre éléments sont le Feu, l'Air, l'Eau et la Terre. Bien que ces dénominations nous soient très familières et bien connues, ces éléments ne se réfèrent pas exactement à ce que nous appelons feu, air, eau et terre, bien qu'ils les englobent aussi.
 
Bien souvent, le mot cosmos nous fait penser à quelque chose d'immense, à un infini difficile à calculer et à comprendre ; au point que, comme cela nous échappe, nous préférons ne pas y penser et que toutes les explications qu'on nous donne nous paraissent fantastiques, illogiques et semblent être plus un produit de l'imagination qu'autre chose. Voilà précisément le secret du cosmos : pour les anciens, il n'est que la troisième étape d'un processus complexe qu'ils avaient coutume de symboliser par un triangle. Le premier aspect de ce processus est le chaos ; non le chaos en tant que désordre, mais en tant qu'infini, en tant que tout ce qui est en puissance de se manifester un jour. A ce chaos infini succède l'intelligence ; cette seconde étape est la somme de canevas, de configurations, d'idées qui permettent d'agencer le chaos premier, de l'organiser, de le schématiser. Enfin, on trouve la troisième étape du processus : le cosmos, né, conçu à partir de ces deux premiers éléments ; avec le chaos qui est tout l'infini, avec le theos qui lui a donné forme et l'a mis en ordre.
 
Ce cosmos commence à se développer, à se matérialiser (pour employer des mots que les enseignements anciens utilisent pour traiter ces sujets) ; c'est-à-dire qu'il se concrétise peu à peu, à travers sept étapes, processus ou éléments.
 
De ces éléments, quatre nous sont connus, un à peine et les deux autres sont un mystère pour nous, ce qui nous oblige à ne parler que de ceux que nous connaissons. L'élément inférieur, le plus matériel et le plus concret est l'élément Terre ; la subtilité augmentant, celui qui suivra est l'élément Eau ; un peu plus subtil, l'Air et, encore plus subtil, le Feu ; enfin, il y aurait un cinquième élément auquel on a donné le nom d'Ether, dont les caractéristiques sont encore indéfinissables.
 
La Terre est liée à la matière concrète, à ce qui s'exprime en dimensions, à ce que l'on peut peser, mesurer, déplacer. Cette terre est justement le concret, ce qui pèse, non seulement dans le cosmos, en prenant forme de planète, d'étoiles, mais ce qui pèse aussi en nous, en prenant forme de corps.
 
L'Eau, symboliquement, est la vie qui parcourt la matière ; c'est l'énergie qui baigne la matière ; c'est cette force qui fait que la matière peut entrer en action et qu'elle n'est pas seulement matière inerte ; c'est ce qui nous permet de marcher, de parler, qui fait que nous avons une température, que nous pouvons nous dire vivants et que sont vivantes toutes les choses qui bougent dans le cosmos, en respectant des lois inexorables et mathématiquement parfaites. L'Eau est donc vitalité ; l'Eau est le "sang" de la terre, le plus vital, le plus fort.
 
L'Air est la psyché ; c'est l'ensemble des émotions et des sentiments ; c'est ce qui nous porte vers les choses, pour ou contre elles ; ce qui nous meut dans le plan des sentiments. L'Air est l'expression de ce qui se ressent, le monde de l'émotion.
 
Le Feu est le monde de la pensée, de l'idée, de la gestation dans un plan si abstrait qu'il ne peut être compris que par une autre entité aussi abstraite que l'est le mental en nous, comme l'est le Feu dans le cosmos.
 
Nous disons des éléments cosmiques et nous parlons d'éléments humains : ce qui, dans le cosmos, se traduit en substances primaires, en éléments, va se concrétiser de façon inconcevable pour nous, jusqu'à aboutir à cette matière que nous connaissons et à l'homme en tant que Feu, Air, Eau et Terre ; le Feu en tant qu'esprit (mental), l'Air en tant que sentiment, l'Eau en tant que vitalité et la Terre en tant que corps.
 
C'est ainsi que le macrocosme marque le microcosme qu'est l'homme et lui donne exactement la même consistance, la même configuration et les mêmes caractéristiques que les siennes en petit ; qu'il permet que l'homme puisse être relié au cosmos, qu'il puisse essayer d'accéder à ses mystères et plus encore, qu'il soit attiré par ces mystères : parce que dans la nature de l'homme se trouve la nature du cosmos, parce que ce qui est corps pour l'homme est corps pour l'univers, ce qui est vitalité pour l'homme l'est aussi pour le cosmos, ce qui est son sentiment l'est en grand pour le cosmos et ce qui est mental est Feu pour tous les univers que nous pressentons aujourd'hui et que nous prétendons découvrir.
 
Il y a toujours eu quelque chose de plus profond, quelque chose au-delà, non seulement en ce qui concerne les éléments tels que la nature nous les offre, mais encore quant au propre mystère de l'homme qui contient en lui les quatre éléments et encore en rapport avec des mystères beaucoup plus anciens, qui viennent de beaucoup plus loin. Mystères qui rapportent que, de même qu'aujourd'hui nous sommes présents en tant qu'hommes, nous sommes passés un jour par le stade du minéral, tout comme si nous n'étions alors qu'élément Terre ; nous sommes passés un jour, durant des cycles et des cycles d'évolution, par des stades végétaux comme si nous étions élément Eau ; nous sommes passés un jour par des stades d'évolution animale en rapport avec l'élément Air ; et nous sommes arrivés, enfin, maintenant, au stade d'évolution humaine, en référence à l'élément Feu qui indique l'apparition du mental, l'apparition de la pensée.
 
Ainsi donc, quand les anciens parlent des dieux des éléments, quand ils adorent le Feu, l'Air, l'Eau, la Terre, ils n'adorent pas seulement cette représentation physique que nous avons sur la terre, mais ce qu'ils devinent être au-delà ; ils pressentent l'essence cachée derrière la présence des éléments.
 
Pour l'Antiquité, il a toujours été indiscutable que les planètes, les étoiles, n'étaient pas des entités mortes ou tournant au hasard dans l'espace, mais bien des corps vivants sujets à des lois et à une évolution, des corps renfermant des esprits tout comme l'homme, du fait de cette relation continue entre le macrocosme et le microcosme.
 
De là vient qu'on insistait sur la compréhension par l'homme de sa propre entité spirituelle pour pouvoir ensuite reconnaître les autres entités spirituelles qui animent la nature. C'est pourquoi on parlait de dieux des éléments et, bien plus encore, on reconnaissait que ces quatre éléments principaux se subdivisaient encore un grand nombre de fois : sept fois sept pour chacun d'entre eux. Apparaissent ainsi une infinité de sous-éléments, régis par ce que les anciens ont appelé "élémentaux", mot que bien souvent nous ne comprenons pas, mais qui signifie seulement les entités qui régissent les petits éléments, les sous-éléments, les divisions des éléments. Quand nous parlons du feu, de l'eau, de l'air et de la terre que nous connaissons dans la vie de tous les jours, nous ne faisons que parler des subdivisions de l'élément Terre.
 
Le Feu est l'élément qui a suscité les symboles les plus éminents de toutes les religions, non seulement au niveau des divinités ou des entités qui représentent le Feu, mais encore au niveau de la construction de temples.
 
Par exemple, les pyramides : toutes les constructions qui revêtent la configuration type d'un carré situé sur la terre, de triangles qui s'élèvent comme des flammes et qui se réunissent en un point final sont des temples dédiés au Feu. Le mot "pyramide" que nous utilisons renferme dans sa racine pir, la notion de Feu. C'est le temple élevé vers ce qui, parce que situé dans la partie la plus haute, contient cependant tout le reste, et à quoi on a toujours donné - symboliquement parlant - plus d'importance qu'à tout le reste.
 
Il est à remarquer combien, dans toutes les civilisations, les dieux qui se réfèrent au Feu ont assumé une importance vitale. De plus, il faut comprendre qu'il ne s'agit pas seulement d'un feu physique.
 
Les alchimistes parlent des quatre éléments en relation : le Feu avec l'Or, l'Air avec l'Argent, l'Eau avec le Mercure et la Terre avec le Plomb. Éminemment intéressante également, l'union de ces quatre éléments cosmiques avec quatre éléments ou quatre qualités psychologiques contenues dans l'être humain : le Feu en rapport avec le fait de Savoir, l'Air avec le fait d'Oser, l'Eau avec le fait de Vouloir et la Terre avec le fait de Se Taire. Voyons brièvement ce que veulent dire les alchimistes.
 
Si le Feu est mental, possibilité de penser, de travailler sur les idées, d'appréhender, le Feu suppose indubitablement la Sagesse. Ainsi le Feu est Savoir et le Savoir est l'apogée de l'homme.
 
L'Air est égal à Oser. C'est cette capacité de courage avec laquelle nous devons aider la connaissance ; c'est plus qu'une force, c'est un élan, une foi. Oser, précisément, c'est ne pas connaître la peur, c'est se lancer parce qu'on doit arriver à la Sagesse.
 
L'Eau est Vouloir ; autrement dit, pour pouvoir être courageux et sage, on doit tout d'abord le vouloir réellement. Ce n'est pas aussi simple qu'il peut sembler : nous avons l'habitude de dire, "je veux aller en vacances", "je veux voir un film", vouloir est devenu un mot de peu de contenu, par conséquent il reflète peu de volonté de réalisation. Mais ce Vouloir est beaucoup plus profond, il vient de la racine intime de l'homme. Ce Vouloir est dirigé vers les destinées ultimes de l'homme.
 
L'élément Terre équivaut à Se Taire. Le premier pas du chemin est le silence. Toutes les civilisations anciennes attirent notre attention sur le fait que les grandes connaissances étaient "renfermées" dans le cadre de l'ensemble de l'ésotérisme. Pourquoi ésotérique ? Pourquoi enfermé ? Pourquoi gardé ? Parce que, si on ne se tait pas, il est très difficile de vouloir ; sans silence, il est très difficile d'oser, il est très difficile de savoir.
 
Ceux qui ont été de profonds connaisseurs de l'âme humaine - Pythagore par exemple - faisaient observer à leurs disciples cinq années de silence : c'est ce qu'on appelle "le stade acousmatique" de l'école pythagoricienne. Ce silence était-il une torture ? Non, ce silence était l'élément indispensable pour que le disciple apprenne quelque chose de fondamental : écouter ; pas seulement écouter au dehors mais s'écouter soi-même, être calme, apaiser le tourbillon intérieur qui demande toujours plus sans même très bien savoir ce qu'il veut.
 
Aujourd'hui, quand nous tentons d'apprendre quelque chose, la critique vient en premier, ensuite la connaissance ; d'abord "pourquoi" et "comment vont-ils me démontrer ça", "comment il est celui-là et l'autre, là, comment il est". Il y a tant de verbiage intérieur qu'il est presque impossible de parvenir à rien de concret. C'est pourquoi toutes les écoles anciennes connaissaient le merveilleux secret du silence, à apprendre d'abord et ensuite tout le reste.
 
Ce silence est celui dont étaient entourés tous les enseignements profonds, non pour les cacher, mais simplement pour les garder et les protéger de ceux qui, ne les comprenant pas et ne sachant pas les appliquer, en faisaient un usage mauvais et pernicieux.
 
Beaucoup veulent et nous voulons aussi - pourquoi pas ? - travailler sur ces enseignements, sans être bien prémunis contre les risques. Le danger n'est pas notre curiosité ; le danger est que ces choses étant soumises à des lois ou processus naturels, si nous les ignorons, nous commettons de graves erreurs et nous faisons grand tort à nous-mêmes et aux autres. C'est pourquoi le silence n'a été qu'une méthode de sauvegarde, de protection ; pas par méchanceté, du fait, au contraire, d'une immense compassion.
 
Voilà pourquoi l'ésotérisme, voilà pourquoi l'on garde les connaissances enfermées ; de là vient que bien souvent, comme cela nous arrive aujourd'hui même, nous remarquons que les mots, les expressions permettant de se référer à ces sujets que nous ne sommes pas habitués à traiter sont peu nombreux, sujets qui, n'étant pas maniés quotidiennement, semblent nous échapper des mains.
 
Mais les anciens, habiles ésotéristes, nous ont laissé une clé, une façon d'ouvrir la porte fermée, de pénétrer dans le silence : les symboles. Ces symboles constituent un langage universel auquel tous les hommes ont accès, quelle que soit la langue qu'ils parlent.
 
Quand nous voulons protéger ou entourer quelque chose, nos symboles d'expression sont très petits, ils sont simples, nous les comprenons. Mais la nature renferme aussi de grands symboles ; les connaissances sont normalement enfermées derrière de grands symboles. Les quatre éléments gardent de grandes clés d'interprétation qui peuvent s'appliquer au cosmos comme à l'homme, au grand comme au petit.
 
Déchiffrer les symboles, apprendre ce langage de merveilles nous permet à tous de nous comprendre à nouveau dans une seule langue, de nous sentir unis dans une même tradition, dans une unique connaissance. De nous reconnaître la même racine, la même origine, le même destin, le même chemin pour satisfaire à ce destin. De là surgirait probablement ce sentiment de fraternité qui nous fait si souvent défaut.
 
Par bernadette - Publié dans : philosophie
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /Mars /2007 13:40

Pythagore et son temps

Emile Lefrançois. (Octobre 1998)

1.1- Le monde antique méditerranéen

 La navigation, armée pour le commerce ou les raids militaires, a joué un rôle important en Méditerranée, dès le 3ème millénaire. Il semble que Troie ait été fondée avant 2500 par des marins audacieux, venus du Bas­ Danube, parlant un "grec proto-ionien" qui s'est répandu en Anatolie et en Egée. Mais d'autres marins de Méditerranée Centrale et des peuplades descendues par l'Illyrie en Grèce Continentale, parlaient une langue véhiculaire analogue, un " proto-grec" dorien (?), peut-être d'origine "Atlante".

 

 

Au 20 millénaire, la Basse Vallée du Nil est en contact avec ces "Peuples de la Mer" appelés Haou-Nebout (parlant grec) qui sont tantôt amis comme alliés mercenaires, tantôt ennemis comme pirates, parfois à l'appui de raids venus de l'Ouest par la Libye ou même de l'Est. On peut citer les exemples suivants d'alliances de la Basse-Egypte avec des forces « grecques ».

C'est avec des mercenaires Haou-Nebout que le Thébain Ahmosis 1er, fondateur de la 18° dynastie, vers 1590, conquiert le Delta (Avaris) en battant le roi (pharaon) hyksos Apophis, dont le Joseph biblique fût peut-être ministre. Ahmosis parachevait ainsi la lutte engagée par son père, Kamosis, avec l´aide de mercenaires libyens, Un texte montre Ahmosis, le Libérateur, engageant ses sujets à acclamer son épouse, la "Dame des Haou-Nebout". Cette 18° dynastie s'achève avec l'usurpateur Horemheb, un général hissé au pouvoir après une période de troubles. A la mort d'Horemheb (1315), les désordres reprennent jusqu'en 1310, où un chef de mercenaires de Méditerranée Centrale et de Libye, un "Larthe" étrusque-Zèthos 1er (Seti 1er), fonde la 19 ° dynastie (celle des Ramsès). Après de multiples troubles dynastiques, et une longue domination assyrienne, un prince vassal de l'Assyrie, Psammétique, fonde la 26° dynastie, dite Saîte (650), en faisant largement appel à des mercenaires d'lonie et de Carie (hoplites dits "Hommes de Bronze") pour saisir et asseoir son pouvoir. Ce pharaon, d'origine lointaine carienne, crée même un "corps" d'interprètes de Grec. A la suite d'une guerre ratée, en Libye, contre la colonie grecque de Cyrène, le pharaon Apriès est détrôné par son général vaincu, Amasis, qui va régner 42 ans (568-526), avec le concours de mercenaires et de marins ioniens. Allié de Polycrate de Samos, dont la flotte est très puissante, Amasis concède à des Grecs, en 565,la "colonie" de Naucratis accessible par mer et résiste à la poussée perse de Cyrus.

A ces époques, les échanges culturels et religieux n'ont pas manqué entre la Méditerranée « grecque » et l'Egypte, même si les "nobles" et le sacerdoce égyptiens "méprisent" les marins et les commerçants "grecs" pour leurs façons de vivre "impures" (Hérodote). Apollo est assimilé à Osiris, Artémis à lsis. Athéna est honorée par un temple dans le Delta.

1.2- Le temps de Pythagore

La philosophie grecque est née et s'est développée dans les terres ioniennes d'Anatolie et du Dodécanèse, avant d'émigrer, sous la pression des exactions de l'impérialisme Perse, vers les Cyclades, la Grèce continentale (Athènes) et la Grande Grèce (Italie du Sud et Sicile).

Après la longue (10 ans) guerre de Troie (vers 1300) qui a affaibli les cités Egéennes et l'Anatolie, on trouve, vers 1200, des traces d'importants ravages, attribués, pour partie à des migrations et des raids de "Peuples de la Mer" et, aussi, à des catastrophes naturelles (tremblements de terre et raz de marée sunami), puissantes émissions et effondrement dans la mer du volcan de Thera-Santorin, vidé de ponce et de cendres). Pendant 3 ou 4 siècles, ces régions semblent archéologiquement vides, comme sans Histoire. Mais, aux 8e et 7e siècles, les cités d'Anatolie, supposées reconstituées de populations disparates et appauvries, sont devenues assez riches en hommes pour fonder de nombreuses "colonies" en Mer Noire et en Méditerranée Centrale dont elles étaient, pour partie, issues.

Il faut noter que les cités ioniennes ont disposé, dès le 8e siècle (750) d´un alphabet né à Milet, bien adapté à la langue "grecque" pour lire et écrire. Cet alphabet, issu du phénicien après plusieurs tâtonnements, est déjà largement répandu au 6e siècle. Comme les cités ioniennes sont gouvernées par des oligarchies coiffées par des tyrans assez libéraux, il a pu naître, grâce à cet alphabet, des écoles d'enseignement "laïques" (hors des temples). La tentation sera grande pour les Maîtres d'école d'écrire des livres pour échanger leurs idées et diffuser leur savoir. Avec le vocabulaire pauvre en "abstraits" dont ils disposent, les mots n'auront pas toujours le même sens. Ces Maîtres étaient appelés Sages (Sophoï), avant que Pythagore, par modestie, se fut déclaré "Ami de la Sagesse", car "Sagesse, comme Vérité, sont divines.

1.3- La philosophie ionienne

Les philosophes les plus marquants du temps de Pythagore sont, comme lui, ioniens. Ce sont :

-   Thalès (625-535), phénicien de Tyr émigré à Milet. Sage légendaire de souche thélide, descendant d´Agenor- Il a fréquenté le Sacerdoce Egyptien et aurait dit de l'Apollo de Didymes (Carie) qu'il était le "protecteur du peuple du Nil. ( Apollo n'est pas un mot d'origine grecque). Chez Thalès, qui n´a pas laissé d´ouvrage didactique, mais des maximes et des aphorismes, apparaît déjà Arché, au sens de Pouvoir de l´Un, exercé par l´Esprit ( Nous).

-   Anaximandre de Milet (610-546) - Elève de Thalès très réputé. Pour lui, dans l´Apeiron (l´Indéterminé) qui contient Tout, l'Arché est le principe unique divin, ineffable, qui fait régner l'Harmonie et la Justice par son Intelligence (Noûs).

- Anaximène de Milet (580-529) - Elève d'Anaximandre et ami de Pythagore - Pour lui l'Apeiron est appelé un Ether , espace (infini) des "souffles".

 - Xénophane de Colophon (576-484) - Rhapsode, élève d'Anaximandre émigré en Sicile -Pour lui, Dieu n'est en rien anthropomorphe - Réprouve les sacrifices sanglants - Parle de l'Etre (au sens de Noûs) avant Parménide.

- Héraclite d'Ephèse (540-480) - de la lignée de Adroclides, fondateurs d'Ephèse et maîtres héréditaires du Temple de la Cité - Déçu par sa Cité, il se démet de sa charge sacerdotale, pour finir ses jours très modestement. A connu Anaximène et Pythagore - A écrit un livre déposé dans le Temple d'Artémis - Pour lui, "La Loi Unique et Divine" du Logos., désigné aussi par le UN ou encore par la Chose Sage, anime et régit toute la Nature, en perpétuel renouvellement.

- Anaxagore de Clazomènes (498-428)- Elève d'Anaximène et pythagoricien discret -Emigré à Athènes - Protégé par Périclès - A été le maitre de Socrate et d'Euripide - Il insiste sur l´Intelligence (Noûs) ou Esprit, qui régit et anime toute spiritualité. Tous ces philosophes partagent, en commun avec Pythagore, comme nous verrons, la croyance à la non-mortalité de l'Esprit de l'homme (pour autant qu'il en ait) et, en conséquence, au Dieu UN (éternel) et au Monde des Esprits divins (non mortels).

1.4- La Vie de Pythagore et son oeuvre

1.41 - Pythagore est né vers 580, (ou 590) dans l'ile de Samos. Son père, d'origine lointaine phénicienne (Tyr), en passant par Vile de Lemnos, est un joailler aisé. L'enfant, très doué, est confié aux meilleurs précepteurs de son temps, dont Phérécyde de Syros, initié à l'Orphisme, Anaximandre de Milet, savant "mathématicien", et aussi Thalès de Milet qui fut frappé par l'excellence de ses dons. Il eut ensuite des maîtres phéniciens (Tyr, Sidon). Puis, sur la recommandation de Polycrate (tyran de Samos) auprès du pharaon de Basse-Egypte Amasis, Pythagore alla suivre la formation scientifique et initiatique des. collèges sacerdotaux d'Héliopolis (et peut-être de Memphis). Enfin, Pythagore rencontra des "mages" Chaldéens (en Phénicie ?) et fut l'hôte de Temples Grecs, en particulier le Temple d'Apollon à Délos, avant de regagner, après une absence de plus de 25 ans, son ile de Samos, où la tyrannie de Pojycrate s'était durcie. Il tenta, sans succès, d'y ouvrir une Ecole, avant d'émigrer vers l'âge de 40 ans, en 540 (532 selon certaines sources), en Grande Grèce (Italie du Sud). Il y créa, à Crotone, une Ecole "laïque" de Sagesse rapidement renommée, dont le recrutement, l'organisation et l'enseignement paraissent calqués sur ceux des grands Temples égyptiens. On sait que ces Temples recrutaient, avec le plus grand soin, des jeunes gens, doués intellectuellement et psychiquement, pour les instruire et les former, afin de maintenir leur autorité dans les techniques, les arts, la médecine et, bien sûr, les pratiques sacerdotales, en particulier la divination. L'Ordre Pythagoricien, de Crotone, aristocratique au sens grec du mot, aura une existence publique d'assez courte durée, car il ne sera pas supporté par les mouvements "démocratiques" qui ont agité à cette époque les cités de la Grande Grèce et de la Sicile. Pythagore meurt vers 500, probablement retiré à Métaponte. Après la mort de Pythagore, l'ordre et les Cercles pythagoriciens de la Grande Grèce sont progressivement affaiblis, assaillis et dispersés (450). Mais, l'Ordre avait essaimé rapidement dans le Monde Grec et en Italie. Son enseignement (secret) s'est perpétué dans des cercles fermés, sans reconstitution d'EcoIes de Sagesse, sauf peut-être à Rome, où les persécutions contre les Pythagoriciens (Mathematicii), défenseurs de la République et du Sénat, furent nombreuses. Cicéron, dont l´ami P.Nigidius Figulus animait une Confrérie pythagoricienne réputée, pouvait écrire qu'à Rome "nul n'était considéré comme instruit s'il n'était Pythagoricien". Ni prophète, ni prêtre, mais savant et thaumaturge, Pythagore n'est pas porteur d'une révélation nouvelle. Il est initié aux rites et symboles des Mystères qui voilent les enseignements des grands Temples où, à un niveau initiatique élevé, est perçue la même métaphysique et sont couronnées les mêmes vertus.

Nous disposons de plusieurs biographies de Pythagore dont celles de Diogène Laërce, de Jamblique et de Porphyre . Bien que tardifs, ces auteurs sont précieux, car ils reprennent des sources anciennes, aujourd'hui disparues.

1.42- Pythagore a peu écrit. on lui attribue des Discours Sacrés"Hieroï Logoï », dont on retrouve, çà et là, des fragments. Le poème les Vers Dorés , de 71 (ou 73) vers attribué à Lysis, réfugié à Thèbes auprès d'Epaminondas, parait constitué, pour plus des 2/3, par des extraits authentiques des "Discours Sacrés". On connait plusieurs traductions de ce poème, probablement restauré au 3° siècle PC, celles d'André Dacier, Garde des Livres du Cabinet du Roi (Louis XlV), de Fabre d'Olivet (1767-1825) et de Mario Meunier (1925).Nous disposons aussi de longs commentaires des "Vers Dorés" par Hiéroclès (5° siècle PC) et d'examens détaillés par Fabre d'Olivet. Les "Examens" de Fabre d'Olivet sont intéressants, en raison de sa grande culture et de sa sensibilité aigüe à l'Hermétisme pythagoricien. Nous avons 2 traductions des Commentaires d'Hiéroclès, celle d'André Dacier (vers 1700) et celle de Mario Meunier. Hiéroclès a bien connu le néo-pythagorisme alexandrin. Il pense que les Vers Dorés. sont un résumé authentique de l'enseignement pythagoricien pour "l'extérieur", la pratique des vertus, et pour 1'intérieur", la connaissance de soi et, par là, celle du divin. Outre les "Discours Sacrés", on attribue à Pythagore ( ou aux pythagoriciens ) de nombreux aphorismes (acousmata). Une analyse des Vers Dorés et des Aphorismes sort du cadre de cette note.

1.43- Revenons, un moment, sur l'Ecole de Sagesse de Crotone. Celle-ci accueillait des auditeurs libres, agréés, et l'Ordre Pythagoricien proprement dit, formé de

-  Néophytes soumis à une instruction préparatoire

-Scientifiques ( Mathematikoï ou Physikoï ), recevant une instruction profane.

Vénérables (Sebastikoï), initiés aux arts "sacrés" et à la métaphysique- - leur signe emblématique est le pentalpha.

-  Certains Scientifiques et Vénérables, les politikoï, sont formés aux problèmes politiques et économiques. Sous le signe emblématique de la Balance, ils peuvent participer au gouvernement des cités, en leur nom propre. Tous les membres de l'Ordre sont tenus au secret, c.à.d., qu'ils ne peuvent révéler ni l'origine, ni les circonstances d'acquisition, des informations qui leur sont venues de l'Ordre, tout en pouvant en user à titre personnel.

2  -     La sagesse pythagoricienne

La Sagesse pythagoricienne, dont l´emblème est un Y (majuscule), comporte une branche métaphysique, la droite, et une branche pratique, la gauche, qu´il est conseillé de maintenir d'importance égale. La partie métaphysique est l'Hermétisme, en rapport avec le Sacré ou le Divin. La partie pratique est l'Art de Vivre, en rapport avec la Nature.

2.11  - L'Hermétisme pythagoricien. - Sur l'immortalité de l'Esprit (Noûs)

L'Hermétisme antique distingue :

-  le monde manifesté, la Nature (Physis ) où toutes choses naissent, vivent et meurent, en perpétuel renouvellement.

- le monde non-manifesté, non-mortel, le Divin ou Monde des Esprits.

La base de cette métaphysique est la croyance fondamentale qu'une part de l'homme, appelée son Esprit (Noûs), pour autant qu'il en possède au moment de sa mort physique, n’est pas mortelle.

Cette croyance, très ancienne, s'est incorporée d'abord dans un culte des ancêtres (familiaux ou tribaux). L'existence, chez certains hommes, de capacités innées ou de réminiscences inexplicables, ainsi que d'autres faits étranges, confortent cette croyance. Si l'Esprit (Noûs) de l'homme est non mortel, il provient bien d'un quelque part, appelé Monde Divin, où il reviendra. ici ou là, modifié ou non. après la mort du corps.

2.12- Sur le Dieu Un et la Création

La cause du Monde divin et de la Nature (vivante) est attribuée à un Principe Unique, le Dieu Un ( O Theos), Père de Tout, auquel est souvent associé un parèdre, un FiIs,Démiurge, représentant la volonté créatrice du Dieu Un, son Logos. L'ensemble Dieu-Logos est hors de l'espace et du temps (physique), donc inconnaissable et éternel, ineffable. Il gouverne la Nature suivant des lois immuables. Ces lois assurent le Bien et l'Harmonie dans la Nature, où la création est continue, selon des rythmes génération - vie - mort, sans fin.

La question de l'origine et de la fin des Mondes, autrement dit, de l'origine et de la fin des Temps, n'a pas de sens, puisque la Vérité et la Vie qui gouvernent la Nature sont inexplicables. La thèse d'un big-bang originel, comme la perspective d'une spiritualisation globale de la Nature retournant au Néant originel, n'intéressent pas l´Hermétisme. Il serait moins insensé de conjecturer sur l'astéroïde qui, un jour, détruira brutalement notre terre, phénomène minuscule à l'échelle astronomique et conforme aux lois de la Nature.

Le Monde Divin, émané du Dieu-Logos est présenté, allégoriquement, comme constitué de divinités à trois niveaux.

- des divinités immortelles, occupant les sphères célestes, selon leur rang 

- des héros (glorifiés) ou saints, non-mortels

- des daïmons, anges-gardiens ou génies, non mortels.

 - La raison humaine n'a pas accès à la connaissance des structures et des lois du Monde Divin. Il est cependant donné à l'homme, qui a pu acquérir conscience de son propre Esprit, un accès au monde divin par la voie (initiatique) qui le relie à son daïmon (son ange-gardien en langage chrétien). L'ensemble "Dieu UN-Logos - Monde Divin - Nature" constitue la Tétrade Sacrée pythagoricienne, la Tétractys Sacrée.

2.13- Sur l'homme

L'homme a une triple nature, corps (Soma ) âme (Psyché ) et Esprit (Noûs). Il peut donc vivre une triple existence, animale (instinctive), animique (consciente) et spirituelle (intelligente, au sens grec).

Ces 3 existences sont en quelque sorte intégrées dans une "unité volitive » pour constituer le fameux quaternaire humain, la Tétractys humaine. Le corps est mortel, l'âme aussi, mais elle ne s'évanouit pas en totalité dès la mort du corps, alors que l'Esprit, séparé du corps, rejoint le Monde Divin. L'Initié Virgile écrit qu'après la mort :

Le corps va à la terre,

Les mânes circonvolents,

L´esprit s'éloigne vers les Cieux.

Mais rien n'est aussi simple. Le corps physique, accessible directement à nos sens (sensations) est complété par le corps éthérique, non visible, sauf exception. L'aura humaine, qui peut être vue par certaines personnes, est perçue communément par des animaux, comme les chiens. L'âme, dont la partie basse partage avec le corps la vie instinctive (La Gana), est, dans sa partie moyenne, le siège des passions, des sentiments et de l'entendement. Dans sa partie haute, elle est connexe de l'Esprit par la conscience morale et la raison (Logos ) L'Esprit est la source des inspirations, de la sagacité et de l’intelligence (partie haute de l'inconscient dans le langage de K.G.Jung). A un niveau élevé de vertu et de spiritualité, une partie de l´âme haute est supposée pouvoir accompagner l'Esprit dans le Monde Divin, et produire, en cas de "renaissance » une résurgence de souvenirs de vie antérieure (anamnésie).

2.14- Sur le Monde Divin

Le principe de l'unité absolue de Dieu, ou du Dieu-Logos, ineffable, ramène au seul Monde Divin les révélations religieuses et les théologies. Selon l'Hermétisme, il peut apparaitre, sur la terre, des êtres doués de capacités psychiques et spirituelles hors du commun (sur-naturelles), thaumaturges, prophètes, théurges. S'ils laissent, après leur mort corporelle, un champ d'énergie spirituelle bénéfique suffisant pour rassembler des fidèles autour de leur mémoire, iIs sont considérés comme des avatars (incarnation) d'un Etre Divin, classé dieu, héros ou daïmon. Une Divinité est ainsi née dans la mémoire des hommes après une incarnation surnaturelle. Aller plus avant, c'est quitter I’ Hermétisme pour une gnose. Remarquer que dans la théologie chrétienne, la Cause de Tout, Dieu-Logos, Père et Fils, forme, avec la partie haute du Monde Divin, appelé Esprit Saint, la Triade des 3 Hypostases, la Trinité, sur laquelle les Eglises Chrétiennes se sont divisées, pour des raisons humaines, jusqu'à affirmer, tantôt la consubstantialité des 3 Hypostases, ce qui revient à une théologie du Dieu Un, tantôt une certaine "hiérarchie trinitaire" où l'Esprit Saint représente les Energies Divines auxquelles l'homme peut espérer accéder, à son niveau d'initiation spirituelle. L´Eglise catholique romaine est du 1er type. L'Eglise dite Johannite, qui se rallie au Prologue de l'Evangile de St Jean, est du 2ème type, plus proche de l'Hermétisme. Les Chrétiens orthodoxes disent, avec St Basile : "Le Père se révèle par le Fils dans l'Esprit (Saint)". Comme nous l'avons dit, l'homme est "à I´image de Dieu", ou plutôt divin, seulement dans la mesure où il possède I’ Esprit (Noûs ).

La transmigration des Esprits (métempsycose ou palingénésie) est une vision allégorique d'une spirale de purifications spirituelles, après laquelle l'Esprit peut échapper aux cycles des renaissances (pas nécessairement sur notre globe) pour devenir daïmon, héros et même dieu, non mortel ou immortel. Cette vision, commune aux brahmanes, chaldéens, égyptiens, pythagoriciens et celtes (druides) a été reprise par 1 église chrétienne primitive imprégnée d'Essénisme, en particulier par Origène. La transmigration a été condamnée, en même temps que la préexistence des Esprits, lorsque l'ésotérisme chrétien a cessé d'être toléré, en écartant le Johannisme.

2.15- Sur le Bien et le Mal

L'Hermétisme ignore la dualité Bien-Mal et évite cette pierre d'achoppement en affirmant - la Puissance de la Volonté, centrée sur l'âme, donne à l'homme son libre-arbitre face à la Nécessité du destin, qui n'est pas inéluctable. - L'homme, comme toute la Nature, est soumis à la Providence divine qui dispense le Bien. - La source des maux (du corps, comme de l'âme) est dans les vicissitudes inévitables de la vie, auxquelles le Sage échappe mieux que l'insensé, car il peut, avant d'agir, connaître les conséquences (nécessaires) de ses actes. Cette "métaphysique" ne peut être acceptée, sans l'appui d'une révélation religieuse, que par un homme vertueux, ayant des connaissances suffisantes. Cet "aristocrate", étonné en observant la Nature et la Vie, dont la compréhension profonde lui échappe, sait que la Vie de la Création (minérale, végétale, animale) est un miracle permanent d'une Providence qu'il identifie au Bien. L'idée que la Vie ne serait que la conséquence naturelle d' hasardeuses étincelles (de vie) est pure folie.

2.16- Sur l'Harmonie et le Nombre

L'Harmonie règne partout dans l'Univers qui, à cause de celà, est désigné comme Cosmos.

Le Cosmos est régi, naturellement, par la proportion géométrique ( Analogia ) , par opposition à l'égalité arithmétique. Dans le Gorgias, Socrate, après avoir rappelé à Calliclès qu'aux dires des sages (pythagoriciens) "le ciel, la terre, les divinités et les hommes sont groupés en une communauté faite d'amitié, de modération et de Justice", le prie curieusement d'observer que "la proportion géométrique a une grande puissance chez les dieux et les hommes". L'égalité (arithmétique) parmi les hommes mène au désordre et à l'injustice. ll est "injuste de traiter également des inégaux". Il y a "symétrie" ( Symetria ) là où existent des proportions harmoniques entre les éléments d'un ensemble. Il y a "symphonie" ( Symphonia ) là où les intervalles sont en proportions harmoniques ( en musique, en géométrie, en architecture)

Les Pythagoriciens attachent un grand prix à la musique "solaire" (gamme naturelle et lyre à 7 cordes), en rejetant la musique "lunaire" (flûte dionysiaque).

L'Harmonisation est aussi la réduction du divers grâce à une médiété (dualité unité) :accord entre A et B par la médiété C telle que A/C = C/B - Proportion dorée entre A et B lorsque A/B = (A+B)/A.

Le Nombre. Arithmos.

-         De même que tous les nombres arithmétiques procèdent de un, toutes choses et tous les Etres qui procèdent de la Monade (Dieu-Logos), sont désignés, par analogie, sous le terme voilé abscons de Nombre. Le Nombre (avec N majuscule), proche de l'idée platonicienne, a valeur de "code génétique" du Réel. Il est difficile d'en dire plus sur ce point, sans "brouiller le Sens par le discours" Hors des sentiers de la Sagesse, arithmos a été appliqué : - à des couples symboliques comme : Impair-pair, achevé-inachevé, même-autre, feu-eau, blanc-rouge, droite-gauche, etc... - à une arithmologie prolixe des premiers nombres - à l'arithmétique, déjà développée au 6ème siècle en Egypte et chez les Ioniens.

2.2- L'Art de Vivre

2.21- Les Religions

L'Hermétisme, stricto sensu, réduit le "Sacré" à une relation directe et "aride" entre l'individu et la frontière du Monde Divin. Il n'y a donc point de religion pythagoricienne proprement dite, même si Pythagore était proche de l'Orphisme, une pensée religieuse, refusant les sacrifices sanglants et sans temples, baignée de poésie et de musique, une détente pour l`Esprit. Or, dans l'antiquité, les cités sont placées sous la protection de divinités (dieux ou déesses) emblématiques, servies dans des Temples par un Sacerdoce qui pratique, entre autres, la Divination. Les pouvoirs politiques et religieux sont bien distincts, mais participent ensemble à des liturgies, des mystères et des sacrifices. Le Temple principal de la Cité est interrogé obligatoirement par les pouvoirs politiques pour savoir si la Divinité est favorable ou défavorable à un projet. Les chefs militaires sont mêmes accompagnés de "devins". Ne pas participer à la vie religieuse locale fait courir le risque d'une accusation de crime souvent puni d'ostracisme ou de mort, car, en indisposant la divinité, il peut porter atteinte à la sécurité de la cité, toujours en péril de raids ennemis, de batailles perdues, de vents défavorables ou de tempêtes. Pythagore conseille de sacrifier, par prudence et confraternité, aux dieux locaux, en offrant de préférence des produits naturels et des oeuvres d'art. La participation aux Mystères est recommandée, dans la mesure du possible. La croyance aux protections divines, en particulier aux divinations, ne parait guère profonde, si on en juge par les sarcasmes du théâtre athénien, avec la liberté accordée aux poètes. Mais la Divinité protectrice reste, comme un "palladium", un "drapeau", l'emblème de l'union amicale (philia) des citoyens devant le danger. Quant à la divination, elle a, au moins, les vertus d'être une assurance des pouvoirs (politiques et militaires) contre les risques et un frein contre les décisions trop hâtives. Dans "Hélène" d `Euripide, le soldat (Socrate ?) se moque des devins devant Ménélas et termine sa tirade : "Le vrai devin, c'est un jugement droit et du courage".

2.22- L'examen de conscience

Le moyen naturel d'accès à la "Connaissance de soi" est l'examen de conscience objectif, qui, d'après les Vers Dorés, doit être pratiqué le matin au réveil et le soir avant le sommeil. Il ne s'agit pas de méditer, mais de passer en revue ses activités avec lucidité, des mêmes yeux que l'on considère les autres, comme dans un miroir.

Le but à atteindre est d'être pleinement soi-même en restant modéré (prudent et tempérant) tout en cultivant l'Amitié et pratiquant la Justice. Le pythagoricien, d'expression stoïcienne, Marc-Aurèle, dans ses "Propos pour moi-même" veille à "ne rien faire que son Principe Directeur, ( Hegemon ou daïmon) puisse réprouver" et "prie pour que son daïmon reste droit". Ceci ramène, sur le plan spirituel, à une recherche ésotérique du Sens, voie praticable sans risque de "déboussolage" seulement par un "aristocrate" (au sens grec), cultivé et vertueux. Comme l'a clairement dit Plotin, la "qualité du daïmon est variable selon la conduite de la vie". L'examen de conscience objectif est le moyen principal de progrès spirituel, conseillé par l'Hermétisme pythagoricien.

2.23- Sur l'Amour et l'Amitié

L'Amour Sacré - Pour un Sage, le sentiment que Dieu porte un amour ( Agapè, Philia ) aux créatures est insensé. Il suffit que ses lois immuables soient bonnes.

L'Amour Sacré ou Vénération, monte de l'homme vers Dieu-Logos, en communion avec les harmonies de la Providence. Cette Vénération s'exprime dans des Hymnes. L´Hymne à Dieu du pythagoricien Proclos a été longtemps attribué à St Grégoire de Naziance. Les Hymnes adressés aux divinités sont des prières.

Un Sage peut être agnostique, déiste ou religieux.

- l´agnostique est sensible à l'évidence du caractère "miraculeux" permanent de la Vie, mais se contente de sa relation initiatique "amicale" avec son daïmon. Peu d'hommes peuvent vivre avec fruit cette quasi-solitude spirituelle. Beaucoup vont à la surdité de l'athéisme ou se perdent dans des idolâtries.

- le déiste se contente de contempler la Nature et d'en jouir, en étendant l'Amour Sacré vers le bas, jusqu'à ces gouttelettes de rosée, éclatantes des couleurs du spectre au soleil du matin - Maigre butin.

- le religieux participe aux liturgies et au culte (de son milieu), qui rompent sa solitude spirituelle ; sans s'enchaîner aux dogmes. L 'amour profane, charnel, est naturel, donc légitime, tant qu'il favorise la santé et la joie de vivre.

Dans l'amour profane animique, multiforme, les pythagoriciens écartent les passions (maladies de l'âme), et portent un grand intérêt à une "source bénéfique qui (seule) rompt l'isolement du sage sur la terre"

2.24- La Loi Naturelle

Comme il n'y a qu'une physique, il n'y a qu'une métaphysique qu'on peut appeler Théologie (avec un T majuscule) et dont il y a peu à dire. Le renommé philosophe Boèce (482-524), un pythagoricien (si célèbre qu'il fut béatifié sur la foi de textes apocryphes), disait : "Bien sûr, il n'est qu'un seul Dieu ; mais il peut exister de nombreuses divinités, par participation" ; avec leurs théologies propres. Il est plus difficile, mais raisonnable, d'admettre que la nature humaine est unique et donc qu'une Loi Naturelle est adéquate pour l'homme., L'Art de Vivre pythagoricien ne fait acception de personne, mais préconise, pour le bien commun, le règne de l'égalité géométrique : Pour chacun, devoirs et droits "selon ses capacités" réelles ; non selon ses mérites" dont la mesure est trop subjective.

3. Les influences Pythagoriciennes Que nous reste-il de Pythagore ?

 II faudrait tout un ouvrage pour dresser un tableau des pythagoriciens connus, avoués ou non, depuis 25 siècles. Mais quelques noms vont suffire pour amener notre conclusion.

 

 

3.1- Sur Socrate et Euripide

A l'époque de Socrate (469-399), il eût été dangereux à Athènes, et presque partout. dans le monde méditerranéen, de se référer ouvertement à l'enseignement pythagoricien, tenu en sommeil ou caché. Ainsi, dans Platon (428-349), lorsque Socrate évoque les "sages", il faut entendre "les pythagoriciens". Platon affirme clairement, dans une lettre à Denys de Syracuse, qu'il n'a jamais rien écrit sur la doctrine "secrète", réservée "aux gens cultivés", et qu'il a seulement rapporté à ce sujet quelques propos tenus par Socrate. L'œuvre de Platon était encore très célèbre pour sa qualité littéraire au XWI siècle ; mais le vrai philosophe grec dont on dissertait était Pythagore ; on se demandait, avec insistance, si, oui ou non, il "avait bien connu le Père, le Fils, et l'Esprit (Saint). On sait que Socrate a collaboré étroitement au théâtre tragique de son ami Euripide où l'Hermétisme est parfois dévoilé comme dans cet extrait "Ce qui est né de la chair retourne à la terre, mais ce qui a germé d'une semence éthérée retourne vers la voûte céleste". Ecrit vers 425, ceci est proche de Jean III -6.7. Avec logique, Socrate ne parlait pas du Dieu-Logos, ineffable, mais seulement de l'Art de Vivre, non sans rappeler, ça et là, la non-mortalité de l'Esprit Le Maître d'éloquence réputé, Isocrate d'Athènes, ose écrire, avec malice, après la mort de Socrate : "Nous admirons plus, aujourd'hui, un pythagoricien lorsqu'il se tait que les autres, même les plus éloquents, quand ils parlent". La Sagesse pythagoricienne a une vocation universelle et Socrate osera se déclarer "Citoyen du Monde", tout en étant un vigoureux "hoplite" athénien, redoutable au combat. Les pythagoriciens d'expression stoïcienne modérée, Epictète (50­130) sont très proches de Socrate. St Justin (100- 165), pythagoricien chrétien a dit qu'il eût volontiers canonisé Socrate.

3.2. Sur Ammonios Saccas, Origène, Plotin.

Ammonios Saccas, le « Porte-faix Libyen » ( ou le « porte-faix d´Ammon » ), vivait à Alexandrie dans la première moitié du 3ème siècle, contemporain de Clément d´Alexandrie. Il n´a pas laissé d´œuvre écrite. Pythagoricien et « Maïtre des disciplines philosophiques » ,très érudit, probablement thaumaturge et théurge, son enseignement secret est réservé à un petit nombre d´élèves. Dans son Histoire Philosophique du Genre Humain, Fabre d´Olivet qualifie Ammonios de « théosophe auquel le Christianisme doit ses rites sacrés et ses formes « . Deux de ses élèves, Origène (chrétien ) et Plotin ( pythagoricien ) ont laissé des oeuvres importantes.

Origène ( 185-253 ), dans son Traité des Principes, s´ingénie à réduire les divergences et établir des convergences entre l´Hermétisme et les textes bibliques interprétés souvent comme des allégories. Il affirme clairement la préexistence et la non-mortalité de l´Esprit, ainsi que la « réincarnation « , qui seront rejetés par les églises chrétiennes lorsque l´ésotérisme chrétien, réservé nécessairement à une « aristocratie « spirituelle, sera exclus, « pour des raisons humaines ».

Plotin (205-270), né dans une famille patricienne d'Alexandrie, très doué et modéré, s'est adonné tardivement à la philosophie et a suivi pendant 11 années, de 28 à 39 ans, les enseignements d'Ammonios. Devenu maître d'une école célèbre à Rome, probablement après la mort d'Ammonios, il a laissé une œuvre abondante, les Ennéades, où sont rassemblés, souvent écrits, ou réécrits, par son assistant Porphyre (ou des élèves), ses enseignements pendant une vingtaine d'années. Cette œuvre, non dogmatique, disparate et touffue, est surtout nourrie de commentaires, au jour le jour, "dans l'esprit d'Ammonios", sur des textes grecs, le plus souvent de Platon ou de commentateurs de ses ouvrages. Plotin résiste aux tendances gnostiques et théurgiques. Ni Origène, ni Plotin n'ont dévoilé expressément les leçons dAmmonios, conformément à la règle pythagoricienne du Secret. Mais, étant donné les orientations bien différentes de leurs oeuvres, on peut conjecturer que ce qui leur est commun est bien "dans l'esprit d'Ammonios", donc pythagoricien.

3.3- Le Prologue de l'Evangile de St Jean et le Johannisme.

Le Prologue de l'Evangile de St Jean, écrit en Grec (hellénistique) à Ephèse, au 1er siècle, a beaucoup intéressé et dérangé.

On a traduit Arché par "Commencement" ou "Principe", et Logos par "Parole" ou "Verbe", pour plaire ou ne pas choquer, alors que le vocabulaire de la philosophie ionienne invite à une traduction plus claire. Arché, chez Thalès et Anaximandre est un Pouvoir non limité, pour ne pas dire absolu (comme dans AL( archonte, monarchie, etc ... ).Logos grec) équivaut au UN chez Héraclite. C'est le Créateur qui anime et régit toute la Nature.

Ainsi, »en arché en o logos » se traduit par "Au Pouvoir est ce Logos , ou tout puissant est ce logos »

Le Verset 5, compte-tenu des analogies et équivalences entre les couples de contraires Vie-Mort, Lumière-Ténèbres, Esprit-corps (chair), peut se lire comme une affirmation de la non-mortalité de l'Esprit (Lumière), qui anime le corps sans le suivre dans la mort. Cette transcription en clair ne change pas le sens des premiers versets du Prologue, suivis du témoignage de Jean le Baptiste (I'Essenien) dont des disciples existaient à Ephèse (Actes 19). Mais notre façon de lire raccorde bien le christianisme naissant à la métaphysique ionienne (pythagoricienne).

3.4- St Irénée (130-208)

Né à Smyre et élève de Polycarpe qui avait reçu un enseignement direct de St Jean à Ephèse, St Irénée rapporte, dans son ouvrage "La pseudo-gnose démasquée", ce qu'il a vu et connu des Eglises chrétiennes primitives d’Asie Mineure. Selon Irénée, Dieu, par sa main qui est Logos, a créé l'homme destiné à participer à l'immortalité et l'incorruptibilité divines. L'incarnation est la preuve de cette volonté. Le Logos, en créant continûment, révèle l'éternité de Dieu. La réalité divine comporte 3 Hypostases "hiérarchisées", Père, Fils, Esprit Saint. Ceci est conforme à l'Evangile de St Jean où le Fils, Christ incarné, qui agit par et pour le Père, annonce qu'après son retour à la droite du Père, les croyants recevront lumière et protection de l'Esprit de Vérité (Paraclet ou Esprit Saint). L'analogie avec l'Hermétisme est complète si l'Esprit Saint (Energies Divines) est assimilé à la partie haute du Monde Divin.

St Irénée est Johannite. Il n'est pas Père de l'Eglise, car sa position a été considérée par Rome comme une innocente, mais réelle, source d'hérésies. La position d'Arius, prêtre ascétique d'Alexandrie, est analogue. Mais, elle a été déformée en devenant l'Arianisme.

3.5- La Chevalerie du Temple.

 L'ascèse et les dangers obligent à être clair et direct. Le Fils, ayant regagné la droite du Père, est devenu ineffable, comme Dieu-Logos. Reste l'Esprit-Saint (Paraclet), désigné aussi par la Sophia (Ste Sophie de Byzance) à laquelle peut s'intégrer la Ste Vierge. Le Temple associe toujours dans ses rites et ses prières, "Dieu et Nostre-Dame", sans nommer le Saint-Esprit, ni la Ste Vierge. Il est clair que la Chevalerie du Temple est Johannite.

 

 

Il Vorsokratiker" La philosophie allemande, de Leibniz à Heidegger, a élevé un barrage contre la diffusion de la Sagesse pythagoricienne en forgeant le néologisme "vorsokratiker" pour séparer Ioniens (et Pythagore), au langage sobre, et Athéniens prolixes, Platon, Aristote, et autres... Cette séparation ramène à la querelle du Nominalisme et du Réalisme. En mélant Sacré et profane, le Nominalisme allemand se nourrit de longues formulations ingénieuses, autour de concepts comme : l'Etre, le Temps, l'Espace, l'Existence, la Chose, la Substance, etc... A l'opposé, le Réaliste pythagoricien, maître de son art,' peut "penser en puissance d'agir". Comme Pascal, il ne définit aucun des concepts "généraux" comme être, espace, etc... Il parce que ces termes désignent si naturellement les choses qu'ils signifient, à ceux qui entendent la langue, que l'éclaircissement qu'on en voudrait faire apporterait plus d'obscurité que d'instruction". Comme avait dit Plotin à propos du célèbre Longin de Tyr, nos Allemands se comportent plus en "philologues qu'en philosophes".

4.- Aujourd'hui.

Dans ses encycliques, "Veritatis SpIendor" et celle, toute récente, "Foi et Raison". le pape Jean-Paul II, sans oublier sa responsabilité de chef de l'Eglise romaine, est très proche de la Sagesse pythagoricienne. Ceci me remet en mémoire une oeuvre célèbre du juge rabbinique Baya Ibn Paqûda, écrite en arabe, vers l'an 1000, en Espagne. L'auteur y distingue nettement, les devoirs Il extérieurs", dont il est Juge, et les devoirs "intérieurs", ceux de l'Esprit, dont chacun est juge pour soi-même, en pratiquant l'examen de conscience. A l'époque de Baya, un livre ne circulait que parmi les gens "instruits". Son livre n'a pas fait scandale. Mais qu'en serait-il aujourd'hui ? Peut-on, doit-on, aujourd'hui, devant les médias, parler d'Hermétisme (métaphysique) et de Loi Naturelle (Art de vivre) ? là où le Il commun des mortels" qui a besoin de "sacraliser" les moments importants de la vie (mort comprise), se trouve privé de participation aux rythmes et aux rites de la "bonne religion" de sa Tradition. Tout se passe, comme s'il manquait à la Chrétienté, héritière, qu'elle le veuille ou non, de la Sagesse pythagoricienne, par le canal de l'Hermétisme Johannique, un Ordre Intérieur, réservé aux clercs et aux laïcs "instruits et de bonne volonté". Si un tel Cercle existe, je ne l'ai pas rencontré.

 

Par bernadette - Publié dans : philosophie
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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /Mars /2007 11:39

Quand on a l'esprit cartésien et rigoureux, on aime bien y voir clair, et synthétiser les connaissances. Voila pourquoi la plupart des enseignements ésotériques proposent une figure, un schémas explicatif, où tout est dit, tout est condensé en quelques traits.

Le diagramme du Yin et du Yang  Origine : Chine, école Yin Yang

 

   

Encore appelé T'ai-ki t'ou (diagramme du faîte suprême), ce diagramme est le plus simple de tous, et il résume la base de tout l'Univers : la polarité Masculin / Féminin. L'un de ces deux principes ne peut pas exister sans l'autre.

Yang -> Masculin -> Blanc
Yin -> Féminin -> Noir 


...

L'arbre séphirotique  Origine : la Kabbale (ésotérisme juif)

 

Sans doute la figure la plus complète et la plus parfaite de toutes. Elle reprend les principes Yin et Yang : la colonne de droite est le pilier de la Clémence (Maculin, Yang), et celle de gauche le pilier de la rigueur (Féminin, Yin). Au centre : le pilier de l'Equilibre. Chaque cercle est une séphira, c'est à dire un centre de vie. De haut en bas on a trois triades, représentant chacune un monde (divin, spirituel, psychique), et une séphira seule, en bas, le monde physique.

...

Les 64 hexagrammes du Yi King  Origine : Taoïsme

   

 

Il y a deux façons de dessiner un trait : soit un trait plein, soit un trait brisé. On peut ensuite faire 4 combinaisons de deux traits, 8 de trois traits, et en combinant les trigrammes obtenus deux par deux, on a 64 combinaisons, comme dessiné ci-dessus. Chaque hexagramme est un symbole. Lao Tseu les a beaucoup commentés.

... 

Le Zodiaque  Origine : Mésopotamie

 

    

 

 

 

L'Astrologie remonte à des temps immémoriaux, mais le Zodiaque tel que nous le connaissons, avec ses 12 signes, a été bâti par les Chaldéens (Mésopotamie).

 

 ...  

Le système des corps subtils Origine : Inde

Il s'agit d'une représentation de l'homme, décomposé en six corps qui sont, du plus dense au plus subtil : corps physique, corps psychique, corps mental, corps causal, corps bouddhique, corps atmique. Les trois premiers constituent la nature inférieure, les trois suivants la nature supérieure. Ils sont un reflet inversé l'un de l'autre. Certains ajoutent aussi le corps éthérique, entre les corps physique et psychique.

Il vient de l'Inde, mais je crois qu'il a été popularisé en Europe par la Société Théosophique (à confirmer).

concernant cette représentation de l'homme, je souligne qu'elle est schématique, et est là pour révéler et mettre en avant certaines choses, donc sont omises, mais exprimer clairement dans la littérature Théosophique... Celle ci est simple, manque les détails, comme la monade, les triades, les notions d'atomes permanent, les distinctions, corps mental inferieur et supérieur, le double éthérique (partie du corps physique).Y est important, cette séparation au centre, faite par l'Ame, le Fils, et la correspondance Sagesse-Amour / Sentiment(émotion), intelligence/ Pensée, intellect et Volonté / Activité. Certains, associe la Volonté au désir, émotions, ces derniers, étant le fruit de Kama, la Force de désir, considéré comme la volonté monadique "voilée» par la matière, et ainsi, l'amour-Sagesse s'associe à l'activité, chose correcte, quand on considère l'Amour, comme la teinte de notre système, la couleur, l'expression, la modalité, empreinte de tout ce qui est .... Comme le dit Aleister Crowley...l'Amour est la Loi... C'est la Société Théosophique, qui a popularisé ce genre de schéma, il y en a d'autre, plus compliqué, ou révélant d'autre point ; dur en effet, d'en faire un seul.

... 

Les jeux de carte  Origine : partout dans le Monde.

  

 

Le plus célèbre pour nous est le Tarot, dont l'une des éditions les plus connues est celle de Marseille (mais pas forcément la meilleure du point de vue de la représentation des symboles).   

Chaque lame a une signification : les Initiés qui ont créé le jeu y ont inséré de nombreux symboles. Par exemple dans cette lame, on retrouve les deux principes Masculin et Féminin (les deux colonnes de part et d'autre de la Papesse), la Croix (symbole de l'union du Haut et du Bas, du Masculin et du Féminin), le Livre (symbole de la connaissance de la science de la vie), les croissants de Lune (féminité), etc.

 

 

L'Archéomètre  Origine : Saint-Yves d'Alveydre 

 

  

 

Né du travail monumental de Saint-Yves d'Alveydre, ésotériste français du XIX°, qui eut de nombreux disciples dont Papus. Il voulait, avec ce schéma, donner une clé qui permettrait de tout décrypter. Pour l'utiliser, mieux vaut avoir lu l'ouvrage qui l'accompagne (et que je n'ai pas lu, donc vous n'en saurez pas plus !)

 

 

L'oeil d'Horus  Origine Egypte antique

 

Horus est l'une des principales divinités égyptiennes, il fait partie de la trinité Osiris-Isis-Horus. Lors d'une guerre, le terrible Seth arrache et décompose l'oeil d'Horus. Heureusement, le dieu Thot le repêche et le rend à son propriétaire. Mais pas en entier : il en manque 1/64. Ce 1/64 est rajouté par Thot pour permettre à l'oeil de fonctionner.

 

 

 

Cet oeil devint par la suite un symbole de lumière et de connaissance. On l'appelle également "Oudjat", ce qui signifie "complet".

 

   

 

 

 

L'alphabet hébreu  Origine : Hébreu ancien 

 

   

L'Hébreu est une langue sacrée. Toute la kabbale (ésotérisme juif) est centrée sur l'étude des textes, et donc sur l'alphabet. Chaque lettre est un symbole, chaque lettre a une valeur numérique. 

 

Le Mandala Origine : bouddhisme

  

L'un des mandalas les plus célèbres, et le plus universel, est probablement celui de Barabudur. Il s'agit d'un mandala gigantesque, 140 mètres de côté, et 52 mètres de hauteur, construit aux VIII° et IX° siècles en Indonésie, sur l'île de Java. En voici une vue aérienne simplifiée :

 

Ce Mandala est une perle d'art et d'architecture, et surtout d'ésotérisme, car tout y est symbolique. Y sont figurés des labyrinthes, des mondes (enfers et paradis), ainsi que les Jina , c'est à dire les grands bouddhas humains associés aux orients, aux couleurs, etc...

 

Le Pentagramme

 

Cette étoile à cinq branches symbolise les cinq principes actifs en l'homme : L'Esprit, l'Ame, l'Intellect, le Coeur, le Corps.

Dans la Kabbale, à chaque Séphira correspond cinq portes. Le tout forme les 50 portes de l'Esprit .

 

 

 

La clé égyptienne Origine : Ancienne Egypte

  La clé, c'est ce qui permet d'ouvrir une porte, un chemin. Symbole très ésotérique. De plus, cette clé ci-dessus représente l'homme, avec la tête, les bras et le tronc. La véritable clé universelle, c'est la connaissance de l'homme lui-même.

 

  Le sceau de Salomon  Origine : Judaïsme

Deux triangles équilatéraux l'un sur l'autre : un triangle montant, un triangle descendant. Les interprétations sont multiples. Citons-en une : ce symbole nous rappelle la célèbre phrase de la Table d'Emeraude : "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut". L'homme est à l'image de l'Univers. Le bas est un reflet inversé du haut.

 

  

La rosace des couleurs

    

 

 

 

 

Les couleurs sont en correspondances avec beaucoup de choses : les chakras, les planètes, les notes de musique... la liste est infinie. Le mélange des couleurs fait naître d'autres couleurs. Il y a beaucoup à méditer.

 

 

La Croix  Origine : christianisme.

 

 

Pour les kabbalistes chrétiens, cette croix est un arbre de vie simplifié. La branche du haut symbolise l'Esprit. La branche du Bas symbolise la Matière. Celle de droite le principe Masculin, et celle de gauche le principe Féminin.

La Croix représente aussi le Karma.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par bernadette - Publié dans : ésotérisme
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