"À cheval sur mon bidet au galop il fait des pets au pas, au pas au trot, au trot au galop-galop-galop-galop YOOUUU !"
Renversée sur mes genoux, Clara, deux mois, la fille de ma fille, sourit béate. L’odeur du café et des croisants chauds donne à la pièce son air de petit-déjeuner. Dehors, jour à peine levé, vent
et crachin. « … cheval sur mon bidet… pets… galop-galop… ».
Ben oui ma p’tite puce, “Nanou” aussi se marre. Et sacrément ! Toi, tu n'as pas encore bouclé le quart de ta première année et “Nanou” vient d’en vivre une des plus rigolotes depuis des
lustres. Oh, pas pour les mêmes raisons que toi, bien sûr ! Quoique…
Tu sais, ces dessins animés que ton frère et ta soeur regardent sur l’écran télé ? Eh bien pour moi, 2008, c’était presque pareil : un grand dessin animé super marrant où les
méchants se cassent la margoulette les uns après les autres. Là, en ce moment, c’est la fin du film. Grandiose et de plus en plus tordant. Regarde bien…
Oncle Picsou, par exemple, Tous les oncles Picsou du monde. Plumés comme des bêtas par un des leurs, ce Madoff ! Regarde donc s’ils ont l’air benêt avec leurs milliards évaporés et leurs
maisons toutes cassées ! Z’arrivent même plus à faire des nuits complètes, tant ils sont paniqués, ces pauvres riches !
Et çui-là, oui, le niais qui fait son chef du monde derrière les micros, qu’a l’air plus bête qu’imaginable, et qu’essaie d’esquiver deux godasses.
Et le tout minuscule que voici, agité de tics comme pas un, qui marche dans le caca un grand sourire aux lèvres. Et qui dit que tout va bien, dodo l’enfant do, qu’il maitrise le biberon des
Français, et que ça sent rudement bon partout grâce à toutes les crottes qu’il a semées, lui tout seul. Passe-moi donc ton chausson, ma biche, qu’on lui balance sur le pif, à ce pitre !
Et tous les autres là-bas, en noir, les gendarmes à Guignol et Gnafron, qui s’apprêtent à attaquer une épicerie arabe, après celle de Tarnac, suite à des pétards trouvés dans un grand magasin de
père Noël.
Et toute cette foule de “grands” tout petits autour de nous, affolés par un improbable méchant loup, qui courent dans tous les sens en roulant des gros yeux verts de trouille du noir…
Qu’est-ce qui cloche, ma poulette ? Non, non, “Nanou” ne pleure pas. Elle rigole aux larmes, c’est tout ! En fait, tu vas peut-être avoir un pot dingue finalement. Si ça se trouve, tu
vas avoir la chance de vivre l’an 09 dès ta première bougie. Peut-être ! Un évènement que ta grand-mère espère depuis plus d’un demi-siècle ! Que je t’explique…
L’an Neuf09, c’est un truc de fou inventé autrefois par des potes à “Nanou”. Ça devait être une grande fête trop géniale ! Où on vivrait tous peinards à faire les dingues et des tas de
galipettes, et des tas de clowneries gentilles comme tout. D’ailleurs, c’est déjà commencé. Vois donc Alex là-bas avec ses copains et ses copines du lycée qui chantent à tue-tête bras
dessus-bras dessous, et qui crient des gros mots : « Merde à Darcos ! Au cul, au cul, aucune hésitation ! … »
Et toutes ces maîtresses, ces maîtres d’école, de plus en plus nombreux, qui clament tous, en public, qu’ils vont désobéir ! T’es encore un peu petite, mais je t’assure que voir des maîtres
d’écoles se vanter de désobéir et inciter les autres à le faire, c’est du rare ! Une vraie révolution, même, je te ferai dire ! Qu’est-ce tu as ?
Tu tires une drôle de tête ! T’en as un peu marre des histoires à “Nanou” (je continue à mettre des guillemets, j’arrive pas à m’y faire !), c’est ça ? C’est drôle qu’un moment, je
suis bien d’accord. Tiens, pour te changer, je vais te faire écouter une petite chanson chantée par un autre papy que « Nanou » aime bien. Bonne année à toi et à tout le monde…
http://www.dailymotion.com/video/ketLq3mj2DicJdHLw
J’ai toujours eu un faible pour la philosophie. Philosopher, c’est avant tout s’ouvrir au Monde et aux pensées autres que les nôtres, sur des sujets aussi divers et variés que l’humanisme, la politique, l’économie, la religion, la psychanalyse… et également la philosophie en elle-même.
Aussi, j’ai pensé qu’il ne serait peut-être pas inintéressant d’en parler un peu, sans entrer dans de longs sujets autant abstraits qu’ennuyeux, mais plutôt en discutant sur des sujets simples, accessibles à tous, et qui pourtant sont (ou pourraient être) sources de grands débats philosophiques…
Paradoxalement, je vais commencer avec un sujet des plus difficiles de la philosophie – en ce sens que les philosophes n’arrivent pas à se mettre d’accord. Je pense donc qu’il est important de commencer par cette question : Qu’est-ce que la philosophie ?
La philosophie est pour moi une science. Comme toute science, elle a un domaine d’étude – la pensée, et est à la recherche de quelque chose.
C’est sur l’objet de cette quête que les opinions des philosophes divergent : certains affirment que la philosophie est à la recherche de la sagesse, d’une morale, d’autres disent de la vérité, du sens de la vie ou bien d’autres encore du salut (sérénité face au concept de la mort, dont seul les êtres humains ont consciences).
Pour moi, sans pour autant entrer en contradiction avec ce qui a été énoncé, c’est bien plus simple : la philosophie est à la recherche du bonheur, du bien-être général comme de tout un chacun. En étudiant les diverses pensées (du présent comme du passé), la philosophie essaye tout simplement de trouver un moyen de nous faire vivre, de nous faire profiter de notre vie, parce qu’on en a qu’une…
C’est en ce sens que j’aime la philosophie, et que je pense qu’elle est très importante : à l’heure où tout se dirige vers les profits immédiats, vers un certain « individualisme », la philosophie nous apprend comment détourner les yeux de ce qui nous paraît important afin de regarder au plus profond de nous ce qui est vraiment essentiel.
Certes, la société actuelle - avec cet individualisme, cette manière de vivre au jour le jour de plus en plus matérialiste, c’est la philosophie qui en est principalement la cause : à force de nous conseiller de ne plus regarder ni vers le futur, ni vers le passé, mais de profiter de l’instant présent, les philosophes ont amené ce courant de pensée d’après-guerre qui tend à penser de manière égoïste, à ne regarder que son bonheur, que son intérêt. Mais, est-ce un mal en soit ? Ce sont également les philosophes (j’entends par « philosophes » non pas uniquement ceux qui ont pu écrire des livres, mais aussi tous ceux qui ont réfléchi et pensé à une Morale, et donc contribué à faire avancer la Pensée) qui ont amené la société telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est la philosophie qui est à la base - par exemple, des idées humanitaires qui ont donné naissance à la déclaration des droits de l’Homme. Nous nous pensons malheureux dans la société actuelle ? Mais qui serait prêt à retourner vivre comme au début du siècle, avec tout ce que cela impliquerait ? Qui voudrait revenir au temps de la guerre quotidienne, aux inégalités, aux intolérances comme elles étaient - bien pires que ce qu’elles sont aujourd’hui ?
Je suis d’accord que la société actuelle n’est pas parfaite (et je vous dirais franchement : tant mieux !), mais c’est aussi pour cela que la philosophie continue d’exister, de chercher… Sinon, elle serait resté « bloquée » aux dernières déclarations de Freud, Marx, ou Nietzsche (entre autres) : la philosophie est en quête du bonheur, et elle a largement contribué à rendre la société meilleure au fil des siècles, mais elle n’a pas encore totalement atteint son objectif ; elle ne l’atteindra jamais si vous voulez mon opinion, car chaque pas en avant, chaque avantage apporte son lot d’inconvénients – même s’ils restent moindres, qu’il faut tenter de supprimer, encore et toujours (l’être humain n’est-il pas, après tout, un grand insatisfait ?).
C’est pourquoi j’estime que la philosophie n’est pas à la recherche d’un objectif « fini », mais est simplement en quête d’une vie meilleure, et chaque auteur a tenté (et tente toujours) de faire de son mieux, chacun en son temps.
C’est pourquoi j’estime également que nous devrions prendre exemple sur elle et tenter de vivre nos vies du mieux que nous le pouvons, non pas en mettant de côtés les espoirs et les souvenirs (ils ont leur importance), mais en faisant en sorte qu’au crépuscule de notre vie, nous puissions regarder en arrière et être satisfaits, fiers de nous, en un mot : pouvoir se regarder dans une glace. Il est bien entendu que cela comprend une part d’humanisme, mais aussi une part d’individualisme (peut-être pas dans le sens égoïste, mais plutôt dans le sens du cadre familial et proche) – afin de pouvoir profiter et se faire plaisir. Mais ça, c’est un autre sujet.
Les mythes celtes parlent, à qui veut bien les entendre, de façon contemporaine. Ils interrogent le sens des situations culturelles et sociales observables encore de nos jours, ils s'appuient sur des représentations avec lesquelles ils entrent en dialogue en même temps qu'ils nous racontent les origines des cultures et groupes sociaux. Le mythe du Graal, est un véritable carrefour sémantique, une matrice culturelle, qui permet de relier ses racines, celtes et indo-européennes et son inscription sociale et culturelle.
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